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Chapitre 9 · Cours écrit

Calcul vectoriel et produit scalaire

Comment prouver par un calcul que deux droites sont perpendiculaires ? Comment trouver un angle quand on ne connait que des longueurs ? Comment mesurer la distance entre deux points que l'on ne peut pas relier ? Un seul outil répond à ces questions : le produit scalaire, un nombre calculé à partir de deux vecteurs.

Ce chapitre le définit par la projection orthogonale, puis par le cosinus. Il établit ses règles de calcul, sa formule en coordonnées et sa formule avec des normes. Il en tire deux résultats à savoir démontrer : la formule d'Al-Kashi, qui prolonge le théorème de Pythagore à tous les triangles, et le cercle de diamètre [AB][AB], ensemble des points MM tels que MA→⋅MB→=0\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = 0. Tout se passe dans le plan.

Comme à l'épreuve anticipée, tout se fait ici sans calculatrice. Les valeurs du cosinus vues au chapitre 8 sont utilisées sans cesse. Les encadrés « Automatisme » signalent ce qu'il faut savoir faire sans hésiter.

Leçon 1 : Rappels : vecteurs, norme, angle, projeté orthogonal

Voir la vidéo de la leçon 1

1.1 Vecteurs

Un vecteur est donné par une direction, un sens et une longueur. Deux vecteurs qui ont les trois en commun sont égaux : on peut donc déplacer un vecteur sans le changer.

  • Relation de Chasles : pour tous points AA, BB, CC, AB→+BC→=AC→\overrightarrow{AB} + \overrightarrow{BC} = \overrightarrow{AC}.
  • Parallélogramme : si ABCDABCD est un parallélogramme, AB→+AD→=AC→\overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AD} = \overrightarrow{AC}.
  • Milieu : II est le milieu de [AB][AB] si et seulement si IA→+IB→=0⃗\overrightarrow{IA} + \overrightarrow{IB} = \vec{0}.
  • Produit par un réel : ku⃗k\vec{u} a la direction de u⃗\vec{u}. Son sens est celui de u⃗\vec{u} si k>0k > 0, le sens contraire si k<0k < 0, et sa norme vaut ∣k∣×∥u⃗∥|k| \times \lVert\vec{u}\rVert.
  • Colinéarité : u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} sont colinéaires lorsque l'un est le produit de l'autre par un réel.

1.2 Coordonnées et norme

Dans un repère orthonormé, si A(xA ;yA)A(x_A\,;y_A) et B(xB ;yB)B(x_B\,;y_B), alors AB→ (xB−xA ;yB−yA)\overrightarrow{AB}\,(x_B - x_A\,;y_B - y_A).

La longueur d'un vecteur s'appelle sa norme. Pour u⃗ (x ;y)\vec{u}\,(x\,;y), le théorème de Pythagore donne ∥u⃗∥=x2+y2.\lVert\vec{u}\rVert = \sqrt{x^2 + y^2}. En particulier, AB=∥AB→∥AB = \lVert\overrightarrow{AB}\rVert.

Deux vecteurs u⃗ (x ;y)\vec{u}\,(x\,;y) et v⃗ (x′ ;y′)\vec{v}\,(x'\,;y') sont colinéaires si et seulement si leur déterminant xy′−x′yxy' - x'y est nul.

Exemple 1. Avec A(1 ;2)A(1\,;2) et B(4 ;6)B(4\,;6), on a AB→ (3 ;4)\overrightarrow{AB}\,(3\,;4), donc AB=9+16=5AB = \sqrt{9 + 16} = 5. Le milieu de [AB][AB] a pour coordonnées (52 ;4)\left(\dfrac52\,;4\right).

Exemple 2. Les vecteurs u⃗ (2 ;−3)\vec{u}\,(2\,;-3) et v⃗ (−6 ;9)\vec{v}\,(-6\,;9) sont colinéaires : 2×9−(−6)×(−3)=18−18=02 \times 9 - (-6) \times (-3) = 18 - 18 = 0. D'ailleurs, v⃗=−3u⃗\vec{v} = -3\vec{u}.

1.3 Angle de deux vecteurs

Pour voir l'angle de deux vecteurs non nuls, on les dessine à partir d'un même point. Si u⃗=AB→\vec{u} = \overrightarrow{AB} et v⃗=AC→\vec{v} = \overrightarrow{AC}, leur angle est l'angle géométrique BAC^\widehat{BAC}. Il est compris entre 00 et π\pi radians, soit entre 0∘0^\circ et 180∘180^\circ, et il n'a pas de sens de rotation.

Attention. Dans un triangle équilatéral ABCABC, les vecteurs AB→\overrightarrow{AB} et BC→\overrightarrow{BC} se suivent : ils ne partent pas du même point. En reportant BC→\overrightarrow{BC} au point AA, on voit que leur angle vaut 120∘120^\circ, et non 60∘60^\circ.

Le chapitre 8 donne le cosinus de ces angles. Pour rappel, cos⁡(π−x)=−cos⁡x\cos(\pi - x) = -\cos x.

θ\theta 00 π6\dfrac{\pi}{6} π4\dfrac{\pi}{4} π3\dfrac{\pi}{3} π2\dfrac{\pi}{2} 2π3\dfrac{2\pi}{3} 3π4\dfrac{3\pi}{4} 5π6\dfrac{5\pi}{6} π\pi
en degrés 0∘0^\circ 30∘30^\circ 45∘45^\circ 60∘60^\circ 90∘90^\circ 120∘120^\circ 135∘135^\circ 150∘150^\circ 180∘180^\circ
cos⁡θ\cos\theta 11 32\dfrac{\sqrt3}{2} 22\dfrac{\sqrt2}{2} 12\dfrac12 00 −12-\dfrac12 −22-\dfrac{\sqrt2}{2} −32-\dfrac{\sqrt3}{2} −1-1

Le cosinus est positif si l'angle est aigu, et négatif s'il est obtus.

1.4 Projeté orthogonal

Définition. Soit dd une droite et MM un point. Le projeté orthogonal de MM sur dd est le point HH de dd tel que (MH)⊥d(MH) \perp d. Si MM est sur dd, alors H=MH = M.

Image utile : sous une lumière qui tombe perpendiculairement à dd, le point HH est l'ombre de MM. L'ombre d'un segment [MN][MN] est le segment qui joint les projetés de MM et de NN.

1.5 La plus courte distance

Soit HH le projeté orthogonal de MM sur dd, et NN un autre point de dd. Le triangle MHNMHN est rectangle en HH, donc MN2=MH2+HN2>MH2.MN^2 = MH^2 + HN^2 > MH^2. Ainsi, HH est le point de dd le plus proche de MM. La distance de MM à la droite dd est la longueur MHMH.

1.6 Automatismes de géométrie

Exemple 3 (une hauteur). Soit ABCABC un triangle équilatéral de côté 66. Le projeté orthogonal de CC sur (AB)(AB) est le milieu II de [AB][AB], car la hauteur est aussi une médiane. Ainsi AI=3AI = 3, et dans le triangle AICAIC rectangle en II : CI2=36−9=27,doncCI=33.CI^2 = 36 - 9 = 27, \qquad\text{donc}\quad CI = 3\sqrt3. Le sinus donne le même résultat : CI=6sin⁡π3=33CI = 6\sin\dfrac{\pi}{3} = 3\sqrt3.

Automatisme. Quatre outils reviennent sans cesse, à utiliser sans hésiter.

  • Repérage : le milieu de [AB][AB] a pour coordonnées (xA+xB2 ;yA+yB2)\left(\dfrac{x_A + x_B}{2}\,;\dfrac{y_A + y_B}{2}\right).
  • Pythagore : dans un triangle rectangle, le carré de l'hypoténuse est la somme des carrés des deux autres côtés.
  • Thalès : si M∈[AB]M \in [AB], N∈[AC]N \in [AC] et (MN)∥(BC)(MN) \parallel (BC), alors AMAB=ANAC=MNBC\dfrac{AM}{AB} = \dfrac{AN}{AC} = \dfrac{MN}{BC}.
  • Lignes trigonométriques : dans un triangle rectangle, cos⁡α=adjacenthypoteˊnuse\cos\alpha = \dfrac{\text{adjacent}}{\text{hypoténuse}}, sin⁡α=opposeˊhypoteˊnuse\sin\alpha = \dfrac{\text{opposé}}{\text{hypoténuse}}, tan⁡α=opposeˊadjacent\tan\alpha = \dfrac{\text{opposé}}{\text{adjacent}}.

Leçon 2 : Produit scalaire par la projection orthogonale

Voir la vidéo de la leçon 2

2.1 La définition

Définition. Soit AA, BB, CC trois points, avec A≠BA \neq B, et HH le projeté orthogonal de CC sur la droite (AB)(AB). Le produit scalaire de AB→\overrightarrow{AB} par AC→\overrightarrow{AC}, noté AB→⋅AC→\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC}, est le nombre :

  • AB→⋅AC→=AB×AH\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = AB \times AH si HH est du même côté de AA que BB ;
  • AB→⋅AC→=−AB×AH\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = -AB \times AH si HH est de l'autre côté de AA ;
  • AB→⋅AC→=0\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = 0 si H=AH = A.

Si AB→\overrightarrow{AB} ou AC→\overrightarrow{AC} est nul, on convient que le produit scalaire vaut 00.

Il se lit « ABAB scalaire ACAC ». On multiplie la longueur de AB→\overrightarrow{AB} par celle de l'ombre de AC→\overrightarrow{AC} sur la droite (AB)(AB), avec un signe qui compare leurs sens.

Exemple 4. Si AB=5AB = 5, AH=3AH = 3 et HH est du côté de BB, alors AB→⋅AC→=15\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = 15. Si AB=5AB = 5, AH=2AH = 2 et HH est de l'autre côté, alors AB→⋅AC→=−10\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = -10.

2.2 Le signe

Faisons tourner CC autour de AA, à distance constante. Tant que l'angle BAC^\widehat{BAC} est aigu, le produit scalaire est positif. Il est nul à l'angle droit. Il est négatif quand l'angle est obtus. Avec AB=5AB = 5 et AC=4AC = 4, il va de 2020, quand CC est sur la demi-droite [AB)[AB), à −20-20, quand CC est à l'opposé.

2.3 Deux vecteurs quelconques

Pour deux vecteurs u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v}, on choisit des points AA, BB, CC tels que u⃗=AB→\vec{u} = \overrightarrow{AB} et v⃗=AC→\vec{v} = \overrightarrow{AC}, et on pose u⃗⋅v⃗=AB→⋅AC→\vec{u} \cdot \vec{v} = \overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC}. Le résultat ne dépend pas du point AA choisi : déplacer la figure ne change ni les longueurs ni les sens.

Règle pratique. Pour calculer AB→⋅CD→\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{CD}, on projette CC et DD sur (AB)(AB), en C′C' et D′D'. Alors AB→⋅CD→=± AB×C′D′,\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{CD} = \pm\, AB \times C'D', avec le signe plus si AB→\overrightarrow{AB} et C′D′→\overrightarrow{C'D'} ont le même sens, et le signe moins sinon.

2.4 Calculs sur un carré

Exemple 5. Soit ABCDABCD un carré de côté 44 et de centre OO.

  • AB→⋅AC→=4×4=16\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = 4 \times 4 = 16, car le projeté de CC sur (AB)(AB) est BB.
  • AB→⋅AD→=0\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AD} = 0, car le projeté de DD est AA.
  • AB→⋅DC→=16\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{DC} = 16 : DD se projette en AA, CC en BB, et le sens est le même.
  • AB→⋅CD→=−16\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{CD} = -16 : les sens sont contraires.
  • AB→⋅AO→=4×2=8\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AO} = 4 \times 2 = 8, car OO se projette au milieu de [AB][AB].

2.5 Un peu d'histoire

La notion de vecteur était implicite en mécanique depuis Galilée, et elle a mis longtemps à prendre sa forme actuelle. Elle apparait chez Leibniz, au cours de ses recherches sur l'élaboration d'un calcul des variations. Le XIXe siècle voit l'élaboration conjointe de ce qui deviendra le produit scalaire et de la notion de travail en physique.

Leçon 3 : Formule avec le cosinus, caractérisation de l'orthogonalité

Voir la vidéo de la leçon 3

3.1 La formule

Soit u⃗=AB→\vec{u} = \overrightarrow{AB} et v⃗=AC→\vec{v} = \overrightarrow{AC} deux vecteurs non nuls, et θ\theta leur angle.

Si θ\theta est aigu, HH est du côté de BB et le triangle AHCAHC est rectangle en HH. Donc AH=ACcos⁡θAH = AC\cos\theta, et AB→⋅AC→=AB×AH=AB×AC×cos⁡θ.\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = AB \times AH = AB \times AC \times \cos\theta.

Si θ\theta est obtus, HH est de l'autre côté de AA, et l'angle en AA du triangle AHCAHC mesure π−θ\pi - \theta. Donc AH=ACcos⁡(π−θ)=−ACcos⁡θAH = AC\cos(\pi - \theta) = -AC\cos\theta, et AB→⋅AC→=−AB×AH=AB×AC×cos⁡θ.\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = -AB \times AH = AB \times AC \times \cos\theta.

La formule reste vraie pour θ=π2\theta = \dfrac{\pi}{2}, où tout est nul, et pour θ=0\theta = 0 ou θ=π\theta = \pi, où H=CH = C.

Propriété. Pour deux vecteurs non nuls, d'angle θ\theta : u⃗⋅v⃗=∥u⃗∥×∥v⃗∥×cos⁡θ.\vec{u} \cdot \vec{v} = \lVert\vec{u}\rVert \times \lVert\vec{v}\rVert \times \cos\theta.

3.2 Symétrie et carré scalaire

La formule ne dépend pas de l'ordre des vecteurs : u⃗⋅v⃗=v⃗⋅u⃗\vec{u} \cdot \vec{v} = \vec{v} \cdot \vec{u}. On dit que le produit scalaire est symétrique.

Avec v⃗=u⃗\vec{v} = \vec{u}, l'angle vaut 00 et son cosinus vaut 11. Donc u⃗⋅u⃗=∥u⃗∥2,\vec{u} \cdot \vec{u} = \lVert\vec{u}\rVert^2, ce qu'on appelle le carré scalaire de u⃗\vec{u}. En particulier, AB→⋅AB→=AB2\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AB} = AB^2.

3.3 Calculs

Exemple 6. Si ∥u⃗∥=4\lVert\vec{u}\rVert = 4, ∥v⃗∥=5\lVert\vec{v}\rVert = 5 et θ=π3\theta = \dfrac{\pi}{3}, alors u⃗⋅v⃗=4×5×12=10\vec{u} \cdot \vec{v} = 4 \times 5 \times \dfrac12 = 10. Avec θ=3π4\theta = \dfrac{3\pi}{4}, on obtient 20×(−22)=−10220 \times \left(-\dfrac{\sqrt2}{2}\right) = -10\sqrt2.

Exemple 7. Dans un triangle équilatéral ABCABC de côté 44, AB→⋅AC→=4×4×12=8\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = 4 \times 4 \times \dfrac12 = 8. Mais AB→\overrightarrow{AB} et BC→\overrightarrow{BC} se suivent : leur angle vaut 2π3\dfrac{2\pi}{3}, et AB→⋅BC→=4×4×(−12)=−8\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{BC} = 4 \times 4 \times \left(-\dfrac12\right) = -8.

3.4 Trouver un angle

Pour deux vecteurs non nuls : cos⁡θ=u⃗⋅v⃗∥u⃗∥×∥v⃗∥.\cos\theta = \frac{\vec{u} \cdot \vec{v}}{\lVert\vec{u}\rVert \times \lVert\vec{v}\rVert}.

Exemple 8. Si u⃗⋅v⃗=6\vec{u} \cdot \vec{v} = 6, ∥u⃗∥=2\lVert\vec{u}\rVert = 2 et ∥v⃗∥=32\lVert\vec{v}\rVert = 3\sqrt2, alors cos⁡θ=662=12=22\cos\theta = \dfrac{6}{6\sqrt2} = \dfrac{1}{\sqrt2} = \dfrac{\sqrt2}{2}. Comme θ∈[0 ;π]\theta \in [0\,;\pi], on a θ=π4\theta = \dfrac{\pi}{4}.

3.5 Orthogonalité

Définition. Deux vecteurs non nuls sont orthogonaux lorsque leur angle vaut π2\dfrac{\pi}{2}. Par convention, le vecteur nul est orthogonal à tout vecteur. On note u⃗⊥v⃗\vec{u} \perp \vec{v}.

Propriété (caractérisation de l'orthogonalité). u⃗⊥v⃗  ⟺  u⃗⋅v⃗=0.\vec{u} \perp \vec{v} \iff \vec{u} \cdot \vec{v} = 0.

C'est une équivalence, il y a deux sens à justifier.

  • Si u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} sont orthogonaux, soit l'un d'eux est nul et le produit vaut 00 par convention, soit cos⁡θ=0\cos\theta = 0 et le produit est nul.
  • Si u⃗⋅v⃗=0\vec{u} \cdot \vec{v} = 0, soit l'un des vecteurs est nul, soit cos⁡θ=0\cos\theta = 0, ce qui donne θ=π2\theta = \dfrac{\pi}{2} puisque θ∈[0 ;π]\theta \in [0\,;\pi].

Méthode. Pour démontrer que deux droites (AB)(AB) et (CD)(CD) sont perpendiculaires, on montre que AB→⋅CD→=0\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{CD} = 0.

3.6 Le travail d'une force

En physique, le travail d'une force constante F⃗\vec{F} lors d'un déplacement de AA à BB est le produit scalaire W=F⃗⋅AB→W = \vec{F} \cdot \overrightarrow{AB}, en joules si la force est en newtons et la distance en mètres.

Exemple 9 (la valise). On tire une valise sur 1010 mètres, avec une force de 3030 newtons inclinée de 60∘60^\circ par rapport au sol. Alors W=30×10×cos⁡60∘=150W = 30 \times 10 \times \cos 60^\circ = 150 joules. Seule l'ombre de la force, 30×12=1530 \times \dfrac12 = 15 newtons vers l'avant, fait avancer la valise. L'autre partie est orthogonale au déplacement : elle ne travaille pas.

Leçon 4 : Bilinéarité, symétrie

Voir la vidéo de la leçon 4

4.1 Les règles

Propriété. Pour tous vecteurs u⃗\vec{u}, v⃗\vec{v}, w⃗\vec{w} et pour tout réel kk :

  • symétrie : u⃗⋅v⃗=v⃗⋅u⃗\vec{u} \cdot \vec{v} = \vec{v} \cdot \vec{u} ;
  • somme : (u⃗+v⃗)⋅w⃗=u⃗⋅w⃗+v⃗⋅w⃗(\vec{u} + \vec{v}) \cdot \vec{w} = \vec{u} \cdot \vec{w} + \vec{v} \cdot \vec{w} ;
  • réel : (ku⃗)⋅v⃗=k (u⃗⋅v⃗)(k\vec{u}) \cdot \vec{v} = k\,(\vec{u} \cdot \vec{v}).

Grâce à la symétrie, ces règles valent aussi à droite du point : u⃗⋅(v⃗+w⃗)=u⃗⋅v⃗+u⃗⋅w⃗\vec{u} \cdot (\vec{v} + \vec{w}) = \vec{u} \cdot \vec{v} + \vec{u} \cdot \vec{w} et u⃗⋅(kv⃗)=k (u⃗⋅v⃗)\vec{u} \cdot (k\vec{v}) = k\,(\vec{u} \cdot \vec{v}). On dit que le produit scalaire est bilinéaire.

4.2 D'où viennent ces règles

Le réel. Soit u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} non nuls, d'angle θ\theta, et k≠0k \neq 0. Si k>0k > 0, ku⃗k\vec{u} a le sens de u⃗\vec{u} : l'angle ne change pas et la norme est multipliée par kk. Si k<0k < 0, le sens s'inverse : l'angle devient π−θ\pi - \theta, et la norme de ku⃗k\vec{u} vaut −k∥u⃗∥-k\lVert\vec{u}\rVert. Alors (ku⃗)⋅v⃗=(−k)∥u⃗∥×∥v⃗∥×cos⁡(π−θ)=(−k)∥u⃗∥×∥v⃗∥×(−cos⁡θ)=k (u⃗⋅v⃗).(k\vec{u}) \cdot \vec{v} = (-k)\lVert\vec{u}\rVert \times \lVert\vec{v}\rVert \times \cos(\pi - \theta) = (-k)\lVert\vec{u}\rVert \times \lVert\vec{v}\rVert \times (-\cos\theta) = k\,(\vec{u} \cdot \vec{v}).

La somme. Regardons les ombres sur une droite dirigée par w⃗\vec{w}, orientée dans le sens de w⃗\vec{w}. On pose u⃗=AC→\vec{u} = \overrightarrow{AC} avec AA sur la droite, puis v⃗=CD→\vec{v} = \overrightarrow{CD}, de sorte que u⃗+v⃗=AD→\vec{u} + \vec{v} = \overrightarrow{AD}. Soit HH et KK les projetés de CC et de DD. L'ombre de u⃗\vec{u} va de AA à HH, celle de v⃗\vec{v} de HH à KK, celle de u⃗+v⃗\vec{u} + \vec{v} de AA à KK. Comptées avec leur signe, positif dans le sens de w⃗\vec{w} et négatif sinon, ces mesures s'ajoutent : AK‾=AH‾+HK‾\overline{AK} = \overline{AH} + \overline{HK}. En multipliant par ∥w⃗∥\lVert\vec{w}\rVert, on obtient la règle.

4.3 Développer

On développe comme avec des nombres. Il faut seulement garder le point entre deux vecteurs.

Exemple 10. (2u⃗+v⃗)⋅(u⃗−3v⃗)=2 u⃗⋅u⃗−6 u⃗⋅v⃗+v⃗⋅u⃗−3 v⃗⋅v⃗=2∥u⃗∥2−5 u⃗⋅v⃗−3∥v⃗∥2.(2\vec{u} + \vec{v}) \cdot (\vec{u} - 3\vec{v}) = 2\,\vec{u} \cdot \vec{u} - 6\,\vec{u} \cdot \vec{v} + \vec{v} \cdot \vec{u} - 3\,\vec{v} \cdot \vec{v} = 2\lVert\vec{u}\rVert^2 - 5\,\vec{u} \cdot \vec{v} - 3\lVert\vec{v}\rVert^2.

Si ∥u⃗∥=3\lVert\vec{u}\rVert = 3, ∥v⃗∥=2\lVert\vec{v}\rVert = 2 et u⃗⋅v⃗=−1\vec{u} \cdot \vec{v} = -1, on trouve 18+5−12=1118 + 5 - 12 = 11.

4.4 Chasles, puis développement

La relation de Chasles découpe les vecteurs en morceaux dont les produits sont simples.

Exemple 11 (les diagonales d'un rectangle). Soit ABCDABCD un rectangle avec AB=4AB = 4 et AD=3AD = 3. On a AC→=AB→+AD→\overrightarrow{AC} = \overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AD} et BD→=AD→−AB→\overrightarrow{BD} = \overrightarrow{AD} - \overrightarrow{AB}. En développant, les termes AB→⋅AD→\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AD} se compensent : AC→⋅BD→=AD2−AB2=9−16=−7.\overrightarrow{AC} \cdot \overrightarrow{BD} = AD^2 - AB^2 = 9 - 16 = -7. Les diagonales mesurent 55, donc le cosinus de l'angle de ces deux vecteurs vaut −75×5=−725\dfrac{-7}{5 \times 5} = -\dfrac{7}{25}.

4.5 Les diagonales d'un parallélogramme

Dans un parallélogramme de côtés u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v}, les diagonales sont dirigées par u⃗+v⃗\vec{u} + \vec{v} et u⃗−v⃗\vec{u} - \vec{v}. Or (u⃗+v⃗)⋅(u⃗−v⃗)=∥u⃗∥2−∥v⃗∥2.(\vec{u} + \vec{v}) \cdot (\vec{u} - \vec{v}) = \lVert\vec{u}\rVert^2 - \lVert\vec{v}\rVert^2. Ce produit est nul si et seulement si les deux normes sont égales. Les diagonales d'un parallélogramme sont perpendiculaires si et seulement si c'est un losange.

4.6 Attention : pas de simplification

Attention. Si u⃗⋅v⃗=u⃗⋅w⃗\vec{u} \cdot \vec{v} = \vec{u} \cdot \vec{w}, on ne peut pas simplifier par u⃗\vec{u}. On sait seulement que u⃗⋅(v⃗−w⃗)=0\vec{u} \cdot (\vec{v} - \vec{w}) = 0, c'est-à-dire que u⃗\vec{u} est orthogonal à v⃗−w⃗\vec{v} - \vec{w}. Dans un carré ABCDABCD, AB→⋅AC→=AB→⋅AB→\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = \overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AB}, et pourtant AC→≠AB→\overrightarrow{AC} \neq \overrightarrow{AB}.

Leçon 5 : En base orthonormée : expression, norme, critère d'orthogonalité

Voir la vidéo de la leçon 5

5.1 Base orthonormée

Une base orthonormée est un couple (ı⃗,ȷ⃗)(\vec{\imath}, \vec{\jmath}) de vecteurs orthogonaux et de norme 11. Alors ı⃗⋅ı⃗=1,ȷ⃗⋅ȷ⃗=1,ı⃗⋅ȷ⃗=0.\vec{\imath} \cdot \vec{\imath} = 1, \qquad \vec{\jmath} \cdot \vec{\jmath} = 1, \qquad \vec{\imath} \cdot \vec{\jmath} = 0.

Dire que u⃗\vec{u} a pour coordonnées (x ;y)(x\,;y) signifie que u⃗=xı⃗+yȷ⃗\vec{u} = x\vec{\imath} + y\vec{\jmath}.

5.2 Expression du produit scalaire

Propriété. Dans une base orthonormée, si u⃗ (x ;y)\vec{u}\,(x\,;y) et v⃗ (x′ ;y′)\vec{v}\,(x'\,;y'), alors u⃗⋅v⃗=xx′+yy′.\vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy'.

Démonstration. Par bilinéarité, u⃗⋅v⃗=(xı⃗+yȷ⃗)⋅(x′ı⃗+y′ȷ⃗)=xx′ ı⃗⋅ı⃗+xy′ ı⃗⋅ȷ⃗+yx′ ȷ⃗⋅ı⃗+yy′ ȷ⃗⋅ȷ⃗=xx′+yy′.\vec{u} \cdot \vec{v} = (x\vec{\imath} + y\vec{\jmath}) \cdot (x'\vec{\imath} + y'\vec{\jmath}) = xx'\,\vec{\imath} \cdot \vec{\imath} + xy'\,\vec{\imath} \cdot \vec{\jmath} + yx'\,\vec{\jmath} \cdot \vec{\imath} + yy'\,\vec{\jmath} \cdot \vec{\jmath} = xx' + yy'.

5.3 Norme et critère d'orthogonalité

Avec v⃗=u⃗\vec{v} = \vec{u}, on obtient ∥u⃗∥2=u⃗⋅u⃗=x2+y2\lVert\vec{u}\rVert^2 = \vec{u} \cdot \vec{u} = x^2 + y^2, soit ∥u⃗∥=x2+y2\lVert\vec{u}\rVert = \sqrt{x^2 + y^2}. C'est la formule de la leçon 1.

Critère d'orthogonalité. u⃗⊥v⃗  ⟺  xx′+yy′=0\vec{u} \perp \vec{v} \iff xx' + yy' = 0.

Attention. Ne confonds pas ce critère avec celui de la colinéarité. Orthogonaux : xx′+yy′=0xx' + yy' = 0. Colinéaires : xy′−x′y=0xy' - x'y = 0.

Le vecteur de coordonnées (−b ;a)(-b\,;a) est orthogonal à celui de coordonnées (a ;b)(a\,;b), puisque a×(−b)+b×a=0a \times (-b) + b \times a = 0.

5.4 Calculs

Exemple 12. Soit u⃗ (3 ;−2)\vec{u}\,(3\,;-2), v⃗ (4 ;1)\vec{v}\,(4\,;1) et w⃗ (2 ;3)\vec{w}\,(2\,;3). Alors u⃗⋅v⃗=12−2=10\vec{u} \cdot \vec{v} = 12 - 2 = 10 et u⃗⋅w⃗=6−6=0\vec{u} \cdot \vec{w} = 6 - 6 = 0 : u⃗\vec{u} et w⃗\vec{w} sont orthogonaux.

Exemple 13 (avec un paramètre). Pour quels réels mm les vecteurs de coordonnées (m ;2)(m\,;2) et (m−5 ;3)(m - 5\,;3) sont-ils orthogonaux ? On résout m(m−5)+6=0m(m - 5) + 6 = 0, soit m2−5m+6=0m^2 - 5m + 6 = 0. Les racines ont pour somme 55 et pour produit 66 : m=2m = 2 ou m=3m = 3.

5.5 Calculer un angle

Exemple 14. Soit u⃗ (1 ;3)\vec{u}\,(1\,;3) et v⃗ (2 ;1)\vec{v}\,(2\,;1). Alors u⃗⋅v⃗=2+3=5\vec{u} \cdot \vec{v} = 2 + 3 = 5, ∥u⃗∥=10\lVert\vec{u}\rVert = \sqrt{10} et ∥v⃗∥=5\lVert\vec{v}\rVert = \sqrt5. Donc cos⁡θ=510×5=552=22,soitθ=π4.\cos\theta = \frac{5}{\sqrt{10} \times \sqrt5} = \frac{5}{5\sqrt2} = \frac{\sqrt2}{2}, \qquad\text{soit}\quad \theta = \frac{\pi}{4}.

5.6 Un plan de vigne

Exemple 15. Sur un plan de vigne, l'unité vaut 1010 mètres. Une parcelle a pour sommets A(1 ;1)A(1\,;1), B(7 ;4)B(7\,;4) et C(0 ;3)C(0\,;3). On a AB→ (6 ;3)\overrightarrow{AB}\,(6\,;3) et AC→ (−1 ;2)\overrightarrow{AC}\,(-1\,;2), donc AB→⋅AC→=−6+6=0\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = -6 + 6 = 0 : le coin en AA est droit. De plus, AB=35AB = 3\sqrt5 et AC=5AC = \sqrt5. L'aire vaut 12×35×5=7,5\dfrac12 \times 3\sqrt5 \times \sqrt5 = 7{,}5 unités d'aire, soit 750750 mètres carrés.

Leçon 6 : Coordonnées d'un vecteur et produits scalaires

Voir la vidéo de la leçon 6

6.1 La propriété

Propriété. Dans une base orthonormée (ı⃗,ȷ⃗)(\vec{\imath}, \vec{\jmath}), si u⃗ (x ;y)\vec{u}\,(x\,;y), alors x=u⃗⋅ı⃗ety=u⃗⋅ȷ⃗.x = \vec{u} \cdot \vec{\imath} \qquad\text{et}\qquad y = \vec{u} \cdot \vec{\jmath}. Autrement dit, u⃗=(u⃗⋅ı⃗) ı⃗+(u⃗⋅ȷ⃗) ȷ⃗\vec{u} = (\vec{u} \cdot \vec{\imath})\,\vec{\imath} + (\vec{u} \cdot \vec{\jmath})\,\vec{\jmath}.

Démonstration. u⃗⋅ı⃗=(xı⃗+yȷ⃗)⋅ı⃗=x ı⃗⋅ı⃗+y ȷ⃗⋅ı⃗=x\vec{u} \cdot \vec{\imath} = (x\vec{\imath} + y\vec{\jmath}) \cdot \vec{\imath} = x\,\vec{\imath} \cdot \vec{\imath} + y\,\vec{\jmath} \cdot \vec{\imath} = x. De même, u⃗⋅ȷ⃗=y\vec{u} \cdot \vec{\jmath} = y.

6.2 Deux ombres

Comme ∥ı⃗∥=1\lVert\vec{\imath}\rVert = 1, le nombre u⃗⋅ı⃗\vec{u} \cdot \vec{\imath} est la mesure de l'ombre de u⃗\vec{u} sur l'axe de ı⃗\vec{\imath}, comptée avec son signe. De même pour u⃗⋅ȷ⃗\vec{u} \cdot \vec{\jmath}. Les coordonnées d'un vecteur sont les mesures de ses deux ombres.

6.3 Une autre base orthonormée

La propriété vaut dans toute base orthonormée (e1⃗,e2⃗)(\vec{e_1}, \vec{e_2}) : on peut lire un vecteur dans les directions qui comptent.

Exemple 16. Soit e1⃗(45 ;35)\vec{e_1}\left(\dfrac45\,;\dfrac35\right) et e2⃗(−35 ;45)\vec{e_2}\left(-\dfrac35\,;\dfrac45\right), données dans la base (ı⃗,ȷ⃗)(\vec{\imath}, \vec{\jmath}). Alors e1⃗⋅e1⃗=1625+925=1,e2⃗⋅e2⃗=925+1625=1,e1⃗⋅e2⃗=−1225+1225=0.\vec{e_1} \cdot \vec{e_1} = \frac{16}{25} + \frac{9}{25} = 1, \qquad \vec{e_2} \cdot \vec{e_2} = \frac{9}{25} + \frac{16}{25} = 1, \qquad \vec{e_1} \cdot \vec{e_2} = -\frac{12}{25} + \frac{12}{25} = 0. C'est bien une base orthonormée, tournée par rapport à la première.

6.4 Le vent sur la piste

Exemple 17. Sur un aérodrome, e1⃗\vec{e_1} suit la piste et e2⃗\vec{e_2} lui est perpendiculaire. Dans la base (ı⃗,ȷ⃗)(\vec{\imath}, \vec{\jmath}), où ı⃗\vec{\imath} pointe vers l'est et ȷ⃗\vec{\jmath} vers le nord, le vent est w⃗ (10 ;5)\vec{w}\,(10\,;5), en mètres par seconde. Dans la base de la piste : w⃗⋅e1⃗=10×45+5×35=8+3=11,w⃗⋅e2⃗=10×(−35)+5×45=−6+4=−2.\vec{w} \cdot \vec{e_1} = 10 \times \frac45 + 5 \times \frac35 = 8 + 3 = 11, \qquad \vec{w} \cdot \vec{e_2} = 10 \times \left(-\frac35\right) + 5 \times \frac45 = -6 + 4 = -2. Le vent fait donc 1111 mètres par seconde le long de la piste et 22 mètres par seconde en travers : w⃗=11 e1⃗−2 e2⃗\vec{w} = 11\,\vec{e_1} - 2\,\vec{e_2}.

Contrôle. 11×45−2×(−35)=445+65=1011 \times \dfrac45 - 2 \times \left(-\dfrac35\right) = \dfrac{44}{5} + \dfrac{6}{5} = 10 et 11×35−2×45=335−85=511 \times \dfrac35 - 2 \times \dfrac45 = \dfrac{33}{5} - \dfrac{8}{5} = 5. La norme ne dépend pas de la base : 112+22=125=102+5211^2 + 2^2 = 125 = 10^2 + 5^2.

6.5 Avec le cercle trigonométrique

Pour tout réel θ\theta, les vecteurs e1⃗ (cos⁡θ ;sin⁡θ)\vec{e_1}\,(\cos\theta\,;\sin\theta) et e2⃗ (−sin⁡θ ;cos⁡θ)\vec{e_2}\,(-\sin\theta\,;\cos\theta) forment une base orthonormée, car cos⁡2θ+sin⁡2θ=1\cos^2\theta + \sin^2\theta = 1 et e1⃗⋅e2⃗=0\vec{e_1} \cdot \vec{e_2} = 0.

Exemple 18. Avec θ=π3\theta = \dfrac{\pi}{3} et u⃗ (2 ;0)\vec{u}\,(2\,;0) : u⃗⋅e1⃗=2cos⁡π3=1\vec{u} \cdot \vec{e_1} = 2\cos\dfrac{\pi}{3} = 1 et u⃗⋅e2⃗=−2sin⁡π3=−3\vec{u} \cdot \vec{e_2} = -2\sin\dfrac{\pi}{3} = -\sqrt3. Dans cette base, u⃗\vec{u} a pour coordonnées (1 ;−3)\left(1\,;-\sqrt3\right).

Leçon 7 : Développements et produit scalaire à l'aide de normes

Voir la vidéo de la leçon 7

7.1 Trois développements

Comme ∥u⃗∥2=u⃗⋅u⃗\lVert\vec{u}\rVert^2 = \vec{u} \cdot \vec{u}, la bilinéarité et la symétrie donnent : ∥u⃗+v⃗∥2=∥u⃗∥2+2 u⃗⋅v⃗+∥v⃗∥2,\lVert\vec{u} + \vec{v}\rVert^2 = \lVert\vec{u}\rVert^2 + 2\,\vec{u} \cdot \vec{v} + \lVert\vec{v}\rVert^2, ∥u⃗−v⃗∥2=∥u⃗∥2−2 u⃗⋅v⃗+∥v⃗∥2,\lVert\vec{u} - \vec{v}\rVert^2 = \lVert\vec{u}\rVert^2 - 2\,\vec{u} \cdot \vec{v} + \lVert\vec{v}\rVert^2, (u⃗+v⃗)⋅(u⃗−v⃗)=∥u⃗∥2−∥v⃗∥2.(\vec{u} + \vec{v}) \cdot (\vec{u} - \vec{v}) = \lVert\vec{u}\rVert^2 - \lVert\vec{v}\rVert^2. On reconnait les identités remarquables, mais le double produit est ici un produit scalaire.

7.2 Le produit scalaire à l'aide de normes

En isolant u⃗⋅v⃗\vec{u} \cdot \vec{v} : u⃗⋅v⃗=12(∥u⃗+v⃗∥2−∥u⃗∥2−∥v⃗∥2)=12(∥u⃗∥2+∥v⃗∥2−∥u⃗−v⃗∥2).\vec{u} \cdot \vec{v} = \frac12\left(\lVert\vec{u} + \vec{v}\rVert^2 - \lVert\vec{u}\rVert^2 - \lVert\vec{v}\rVert^2\right) = \frac12\left(\lVert\vec{u}\rVert^2 + \lVert\vec{v}\rVert^2 - \lVert\vec{u} - \vec{v}\rVert^2\right).

Exemple 19. Si ∥u⃗∥=3\lVert\vec{u}\rVert = 3, ∥v⃗∥=5\lVert\vec{v}\rVert = 5 et ∥u⃗+v⃗∥=7\lVert\vec{u} + \vec{v}\rVert = 7, alors u⃗⋅v⃗=12(49−9−25)=152\vec{u} \cdot \vec{v} = \dfrac12(49 - 9 - 25) = \dfrac{15}{2}.

7.3 Dans un triangle

Avec u⃗=AB→\vec{u} = \overrightarrow{AB} et v⃗=AC→\vec{v} = \overrightarrow{AC}, on a u⃗−v⃗=CB→\vec{u} - \vec{v} = \overrightarrow{CB}. Donc, dans tout triangle ABCABC : AB→⋅AC→=12(AB2+AC2−BC2).\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = \frac12\left(AB^2 + AC^2 - BC^2\right).

Exemple 20. Si AB=4AB = 4, AC=6AC = 6 et BC=8BC = 8, alors AB→⋅AC→=12(16+36−64)=−6\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = \dfrac12(16 + 36 - 64) = -6. Le produit est négatif : l'angle en AA est obtus.

7.4 Le théorème de Pythagore

u⃗⊥v⃗  ⟺  u⃗⋅v⃗=0  ⟺  ∥u⃗+v⃗∥2=∥u⃗∥2+∥v⃗∥2.\vec{u} \perp \vec{v} \iff \vec{u} \cdot \vec{v} = 0 \iff \lVert\vec{u} + \vec{v}\rVert^2 = \lVert\vec{u}\rVert^2 + \lVert\vec{v}\rVert^2. Grâce aux mots « si et seulement si », le théorème de Pythagore et sa réciproque sont démontrés d'un seul coup.

Exemple 21 (la corde à treize nœuds). Un maçon veut tracer un angle droit sans équerre. Il prend une corde à treize nœuds régulièrement espacés, soit douze intervalles égaux, et la referme en triangle de côtés 33, 44 et 55 intervalles. Au sommet entre les côtés 33 et 44, le produit scalaire vaut 12(9+16−25)=0\dfrac12(9 + 16 - 25) = 0 : l'angle est droit.

7.5 Le parallélogramme

En ajoutant les deux premiers développements, le double produit disparait : ∥u⃗+v⃗∥2+∥u⃗−v⃗∥2=2∥u⃗∥2+2∥v⃗∥2.\lVert\vec{u} + \vec{v}\rVert^2 + \lVert\vec{u} - \vec{v}\rVert^2 = 2\lVert\vec{u}\rVert^2 + 2\lVert\vec{v}\rVert^2. Dans un parallélogramme, la somme des carrés des diagonales égale la somme des carrés des quatre côtés.

Exemple 22. Un parallélogramme a des côtés de longueurs 33 et 55, et une diagonale de longueur 77. L'autre diagonale dd vérifie d2+49=2×9+2×25=68d^2 + 49 = 2 \times 9 + 2 \times 25 = 68, soit d2=19d^2 = 19 et d=19d = \sqrt{19}.

Leçon 8 : Formule d'Al-Kashi

Voir la vidéo de la leçon 8

8.1 L'énoncé

Dans un triangle ABCABC, on note a=BCa = BC, b=ACb = AC et c=ABc = AB : chaque côté porte le nom du sommet opposé.

Théorème (formule d'Al-Kashi). a2=b2+c2−2bccos⁡A^.a^2 = b^2 + c^2 - 2bc\cos\widehat{A}. En échangeant les lettres : b2=a2+c2−2accos⁡B^b^2 = a^2 + c^2 - 2ac\cos\widehat{B} et c2=a2+b2−2abcos⁡C^c^2 = a^2 + b^2 - 2ab\cos\widehat{C}.

8.2 La démonstration (à connaitre)

D'après la relation de Chasles, BC→=BA→+AC→=AC→−AB→\overrightarrow{BC} = \overrightarrow{BA} + \overrightarrow{AC} = \overrightarrow{AC} - \overrightarrow{AB}. Donc BC2=∥AC→−AB→∥2=AC2−2 AC→⋅AB→+AB2.BC^2 = \lVert\overrightarrow{AC} - \overrightarrow{AB}\rVert^2 = AC^2 - 2\,\overrightarrow{AC} \cdot \overrightarrow{AB} + AB^2. Or AC→⋅AB→=AC×AB×cos⁡A^\overrightarrow{AC} \cdot \overrightarrow{AB} = AC \times AB \times \cos\widehat{A}. En remplaçant, on obtient a2=b2+c2−2bccos⁡A^a^2 = b^2 + c^2 - 2bc\cos\widehat{A}.

8.3 Un Pythagore corrigé

Le terme −2bccos⁡A^-2bc\cos\widehat{A} est la correction apportée au théorème de Pythagore.

  • Si l'angle en AA est droit, le cosinus est nul : a2=b2+c2a^2 = b^2 + c^2.
  • S'il est obtus, le cosinus est négatif : a2>b2+c2a^2 > b^2 + c^2.
  • S'il est aigu, le cosinus est positif : a2<b2+c2a^2 < b^2 + c^2.

Comme bc≠0bc \neq 0, on a a2=b2+c2a^2 = b^2 + c^2 si et seulement si cos⁡A^=0\cos\widehat{A} = 0, c'est-à-dire si et seulement si l'angle en AA est droit. On retrouve le théorème de Pythagore et sa réciproque.

8.4 Calculer une longueur

Exemple 23 (régate). Sur un parcours de régate, la bouée AA est à 800800 mètres de la bouée CC et à 500500 mètres de la bouée BB, et l'angle en AA mesure 60∘60^\circ. En hectomètres, b=8b = 8 et c=5c = 5 : a2=82+52−2×8×5×cos⁡60∘=89−40=49.a^2 = 8^2 + 5^2 - 2 \times 8 \times 5 \times \cos 60^\circ = 89 - 40 = 49. Donc a=7a = 7 : les bouées BB et CC sont à 700700 mètres l'une de l'autre.

8.5 Calculer un angle

On isole le cosinus : cos⁡A^=b2+c2−a22bc.\cos\widehat{A} = \frac{b^2 + c^2 - a^2}{2bc}.

Exemple 24 (une ferme de toit). Une ferme de toit a deux versants de 33 mètres et de 55 mètres, pour une largeur de 77 mètres. Avec a=7a = 7, b=3b = 3 et c=5c = 5 : cos⁡A^=9+25−492×3×5=−1530=−12.\cos\widehat{A} = \frac{9 + 25 - 49}{2 \times 3 \times 5} = \frac{-15}{30} = -\frac12. L'angle au faitage mesure 120∘120^\circ, soit 2π3\dfrac{2\pi}{3} radians.

8.6 Aigu ou obtus ?

Sans calculer l'angle, cos⁡A^\cos\widehat{A} a le signe de b2+c2−a2b^2 + c^2 - a^2. Le plus grand angle est en face du plus grand côté : on prend ce côté pour aa.

Côtés b2+c2b^2 + c^2 a2a^2 Plus grand angle
33, 44, 55 9+16=259 + 16 = 25 2525 droit
44, 55, 66 16+25=4116 + 25 = 41 3636 aigu
55, 66, 88 25+36=6125 + 36 = 61 6464 obtus

Leçon 9 : Transformation de MA · MB et cercle de diamètre [AB]

Voir la vidéo de la leçon 9

9.1 La transformation

Propriété. Soit AA et BB deux points, II le milieu de [AB][AB] et MM un point quelconque. Alors MA→⋅MB→=MI2−AB24.\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = MI^2 - \frac{AB^2}{4}.

Démonstration. On a MA→=MI→+IA→\overrightarrow{MA} = \overrightarrow{MI} + \overrightarrow{IA} et MB→=MI→+IB→\overrightarrow{MB} = \overrightarrow{MI} + \overrightarrow{IB}. Comme II est le milieu de [AB][AB], IB→=−IA→\overrightarrow{IB} = -\overrightarrow{IA}. Donc MA→⋅MB→=(MI→+IA→)⋅(MI→−IA→)=MI2−IA2=MI2−AB24.\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = (\overrightarrow{MI} + \overrightarrow{IA}) \cdot (\overrightarrow{MI} - \overrightarrow{IA}) = MI^2 - IA^2 = MI^2 - \frac{AB^2}{4}.

9.2 Le théorème (démonstration à connaitre)

Théorème. L'ensemble des points MM tels que MA→⋅MB→=0\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = 0 est le cercle de diamètre [AB][AB].

Démonstration. D'après la transformation, MA→⋅MB→=0  ⟺  MI2=AB24  ⟺  MI=AB2,\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = 0 \iff MI^2 = \frac{AB^2}{4} \iff MI = \frac{AB}{2}, la dernière équivalence venant de ce que les longueurs sont positives. Les points cherchés sont donc ceux qui sont à la distance AB2\dfrac{AB}{2} de II : c'est le cercle de centre II et de rayon AB2\dfrac{AB}{2}, c'est-à-dire le cercle de diamètre [AB][AB]. Chaque étape étant une équivalence, tous les points du cercle conviennent, et eux seuls.

9.3 L'angle droit

Si MM est différent de AA et de BB, le produit scalaire MA→⋅MB→\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} est nul si et seulement si l'angle AMB^\widehat{AMB} est droit. Donc le triangle AMBAMB est rectangle en MM si et seulement si MM est sur le cercle de diamètre [AB][AB]. Cette caractérisation semble remonter à Thalès.

9.4 La fresque

Exemple 25. Une fresque de 66 mètres est peinte sur un mur. Pour la voir sous un angle droit, il faut se placer sur le demi-cercle de diamètre [AB][AB] devant le mur, de rayon 33 mètres. Ici, MA→⋅MB→=MI2−9\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = MI^2 - 9. Plus près du mur, MI<3MI < 3 : le produit est négatif et l'angle AMB^\widehat{AMB} est obtus. Plus loin, MI>3MI > 3 : le produit est positif et l'angle est aigu.

9.5 Pour une autre valeur

Pour un réel kk, l'égalité MA→⋅MB→=k\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = k équivaut à MI2=k+AB24MI^2 = k + \dfrac{AB^2}{4}. On obtient un cercle de centre II si ce nombre est strictement positif, le point II s'il est nul, et aucun point s'il est strictement négatif.

Exemple 26. Avec AB=6AB = 6, on a MA→⋅MB→=MI2−9\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = MI^2 - 9.

  • MA→⋅MB→=16  ⟺  MI2=25\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = 16 \iff MI^2 = 25 : cercle de centre II et de rayon 55.
  • MA→⋅MB→=−9  ⟺  MI2=0\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = -9 \iff MI^2 = 0 : le point II.
  • MA→⋅MB→=−12  ⟺  MI2=−3\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = -12 \iff MI^2 = -3 : aucun point.

Leçon 10 : Choisir une méthode, résoudre un problème géométrique

Voir la vidéo de la leçon 10

10.1 Quatre calculs, un seul résultat

Exemple 27. Soit A(0 ;0)A(0\,;0), B(4 ;0)B(4\,;0) et C(1 ;3)C(1\,;3). Calculons AB→⋅AC→\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC}.

  • Projection : CC se projette en H(1 ;0)H(1\,;0), du côté de BB : AB×AH=4×1=4AB \times AH = 4 \times 1 = 4.
  • Coordonnées : 4×1+0×3=44 \times 1 + 0 \times 3 = 4.
  • Cosinus : AC=10AC = \sqrt{10} et cos⁡A^=AHAC=110\cos\widehat{A} = \dfrac{AH}{AC} = \dfrac{1}{\sqrt{10}}, donc 4×10×110=44 \times \sqrt{10} \times \dfrac{1}{\sqrt{10}} = 4.
  • Normes : BC2=9+9=18BC^2 = 9 + 9 = 18, donc 12(16+10−18)=4\dfrac12(16 + 10 - 18) = 4.

10.2 Une règle de choix

Ce que l'on a Méthode
Un angle droit, un pied de hauteur projection
Deux longueurs et l'angle entre elles cosinus
Les trois côtés normes
Un repère, ou un repère facile à placer coordonnées
Rien de tout cela Chasles, puis développement

10.3 Montrer que deux droites sont perpendiculaires

Exemple 28. ABCDABCD est un carré de côté 22, II est le milieu de [AB][AB] et JJ le milieu de [BC][BC]. Montrons que (DI)⊥(AJ)(DI) \perp (AJ).

Sans repère. On découpe : DI→=DA→+AI→\overrightarrow{DI} = \overrightarrow{DA} + \overrightarrow{AI} et AJ→=AB→+BJ→\overrightarrow{AJ} = \overrightarrow{AB} + \overrightarrow{BJ}. En développant : DI→⋅AJ→=DA→⋅AB→+DA→⋅BJ→+AI→⋅AB→+AI→⋅BJ→=0−2+2+0=0.\overrightarrow{DI} \cdot \overrightarrow{AJ} = \overrightarrow{DA} \cdot \overrightarrow{AB} + \overrightarrow{DA} \cdot \overrightarrow{BJ} + \overrightarrow{AI} \cdot \overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AI} \cdot \overrightarrow{BJ} = 0 - 2 + 2 + 0 = 0. En effet, DA→\overrightarrow{DA} et BJ→\overrightarrow{BJ} sont colinéaires de sens contraires, de longueurs 22 et 11, tandis que AI→\overrightarrow{AI} et AB→\overrightarrow{AB} ont le même sens.

Avec un repère. On prend A(0 ;0)A(0\,;0), B(2 ;0)B(2\,;0) et D(0 ;2)D(0\,;2). Alors I(1 ;0)I(1\,;0) et J(2 ;1)J(2\,;1), donc DI→ (1 ;−2)\overrightarrow{DI}\,(1\,;-2) et AJ→ (2 ;1)\overrightarrow{AJ}\,(2\,;1), et DI→⋅AJ→=2−2=0\overrightarrow{DI} \cdot \overrightarrow{AJ} = 2 - 2 = 0.

Il faut savoir faire les deux : un énoncé sans repère demande souvent un calcul vectoriel.

10.4 Calculer une longueur

Exemple 29. Dans un triangle ABCABC, AB=4AB = 4, AC=6AC = 6 et A^=60∘\widehat{A} = 60^\circ. Soit II le milieu de [BC][BC]. Alors 2AI→=AB→+AC→2\overrightarrow{AI} = \overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AC}. En passant au carré : 4AI2=AB2+AC2+2 AB→⋅AC→=16+36+2×12=76,4AI^2 = AB^2 + AC^2 + 2\,\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = 16 + 36 + 2 \times 12 = 76, car AB→⋅AC→=4×6×cos⁡60∘=12\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = 4 \times 6 \times \cos 60^\circ = 12. Donc AI2=19AI^2 = 19 et AI=19AI = \sqrt{19}.

Ce qu'il faut retenir du chapitre

  1. Définition : si HH est le projeté orthogonal de CC sur (AB)(AB), AB→⋅AC→=± AB×AH\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = \pm\, AB \times AH, plus si HH est du côté de BB, moins sinon.
  2. Cosinus : u⃗⋅v⃗=∥u⃗∥×∥v⃗∥×cos⁡θ\vec{u} \cdot \vec{v} = \lVert\vec{u}\rVert \times \lVert\vec{v}\rVert \times \cos\theta, et u⃗⋅u⃗=∥u⃗∥2\vec{u} \cdot \vec{u} = \lVert\vec{u}\rVert^2.
  3. Orthogonalité : u⃗⊥v⃗  ⟺  u⃗⋅v⃗=0\vec{u} \perp \vec{v} \iff \vec{u} \cdot \vec{v} = 0.
  4. Bilinéarité, symétrie : on développe comme avec des nombres, mais on ne simplifie pas par un vecteur.
  5. Base orthonormée : u⃗⋅v⃗=xx′+yy′\vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy', ∥u⃗∥=x2+y2\lVert\vec{u}\rVert = \sqrt{x^2 + y^2}, u⃗⊥v⃗  ⟺  xx′+yy′=0\vec{u} \perp \vec{v} \iff xx' + yy' = 0, x=u⃗⋅ı⃗x = \vec{u} \cdot \vec{\imath} et y=u⃗⋅ȷ⃗y = \vec{u} \cdot \vec{\jmath}.
  6. Normes : ∥u⃗±v⃗∥2=∥u⃗∥2±2 u⃗⋅v⃗+∥v⃗∥2\lVert\vec{u} \pm \vec{v}\rVert^2 = \lVert\vec{u}\rVert^2 \pm 2\,\vec{u} \cdot \vec{v} + \lVert\vec{v}\rVert^2 et AB→⋅AC→=12(AB2+AC2−BC2)\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = \dfrac12\left(AB^2 + AC^2 - BC^2\right).
  7. Démonstrations à connaitre : formule d'Al-Kashi, a2=b2+c2−2bccos⁡A^a^2 = b^2 + c^2 - 2bc\cos\widehat{A} ; ensemble des points MM tels que MA→⋅MB→=0\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = 0, le cercle de diamètre [AB][AB].
  8. Transformation : MA→⋅MB→=MI2−AB24\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = MI^2 - \dfrac{AB^2}{4}, où II est le milieu de [AB][AB].
  9. Méthode : regarder les données avant de calculer. Projection, cosinus, normes, coordonnées, ou Chasles puis développement.

Rituel d'automatismes

Douze questions à réponses courtes, sans calculatrice, à faire en dix minutes environ : six sur ce chapitre, six sur des automatismes déjà travaillés. C'est le format de la première partie de l'épreuve anticipée. Télécharger le rituel du chapitre 9 (PDF, avec son corrigé).

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