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Chapitre 10 · Cours écrit

Géométrie repérée

Une droite peut se résumer à une ligne de calcul, un cercle aussi. Ce chapitre t'apprend à traduire la géométrie en équations : écrire une perpendiculaire, trouver le pied d'une hauteur, calculer la distance d'un point à une droite, retrouver le centre et le rayon d'un cercle caché dans une équation. Le produit scalaire du chapitre 9 fait tout le travail : deux vecteurs sont orthogonaux si et seulement si leur produit scalaire est nul.

Dans tout le chapitre, le plan est muni d'un repère orthonormé. Sans cette condition, les formules du produit scalaire et de la distance ne sont plus valables.

Comme à l'épreuve anticipée, tout se fait ici sans calculatrice. Les encadrés « Automatisme » signalent les calculs à savoir faire de tête, sans hésiter.

Leçon 1 : Rappels : équation cartésienne et vecteur directeur

Voir la vidéo de la leçon 1

1.1 Trois automatismes

Pour deux points A(xA ;yA)A(x_A\,;y_A) et B(xB ;yB)B(x_B\,;y_B) :

  • le vecteur AB→\overrightarrow{AB} a pour coordonnées (xB−xA ;yB−yA)(x_B - x_A\,;y_B - y_A) ;
  • la distance ABAB vaut (xB−xA)2+(yB−yA)2\sqrt{(x_B - x_A)^2 + (y_B - y_A)^2} ;
  • le milieu de [AB][AB] a pour coordonnées (xA+xB2 ;yA+yB2)\left(\dfrac{x_A + x_B}{2}\,;\dfrac{y_A + y_B}{2}\right).

Exemple 1. Pour A(−1 ;1)A(-1\,;1) et B(3 ;4)B(3\,;4) : AB→ (4 ;3)\overrightarrow{AB}\,(4\,;3), AB=16+9=5AB = \sqrt{16 + 9} = 5, et le milieu de [AB][AB] est I(1 ;52)I\left(1\,;\dfrac52\right).

1.2 Vecteur directeur

Un vecteur directeur d'une droite dd est un vecteur non nul qui a la même direction que dd. Si AA et BB sont deux points distincts de dd, le vecteur AB→\overrightarrow{AB} dirige dd.

Une droite a une infinité de vecteurs directeurs, tous colinéaires : si u⃗\vec{u} convient, alors ku⃗k\vec{u} convient aussi pour tout réel kk non nul.

1.3 Équation cartésienne

Soit dd la droite passant par AA et dirigée par u⃗\vec{u}. Un point M(x ;y)M(x\,;y) est sur dd si et seulement si AM→\overrightarrow{AM} et u⃗\vec{u} sont colinéaires, c'est-à-dire si leur déterminant est nul.

Exemple 2. Soit dd la droite passant par A(−1 ;1)A(-1\,;1), dirigée par u⃗ (4 ;3)\vec{u}\,(4\,;3). On a AM→ (x+1 ;y−1)\overrightarrow{AM}\,(x + 1\,;y - 1). Le déterminant s'écrit 3(x+1)−4(y−1)3(x + 1) - 4(y - 1). Donc M∈d  ⟺  3(x+1)−4(y−1)=0  ⟺  3x−4y+7=0.M \in d \iff 3(x + 1) - 4(y - 1) = 0 \iff 3x - 4y + 7 = 0.

Propriété. Toute droite a une équation de la forme ax+by+c=0ax + by + c = 0, où aa et bb ne sont pas nuls tous les deux. C'est une équation cartésienne. Réciproquement, une telle équation décrit une droite, et le vecteur u⃗ (−b ;a)\vec{u}\,(-b\,;a) en est un vecteur directeur.

L'équation n'est pas unique : en multipliant tous les coefficients par un même nombre non nul, on obtient une équation de la même droite. Ainsi, 3x−4y+7=03x - 4y + 7 = 0 et 6x−8y+14=06x - 8y + 14 = 0 décrivent la même droite.

1.4 Tester un point

Un point est sur une droite si et seulement si ses coordonnées vérifient l'équation. C'est le sens même de l'expression « ensemble des points défini par une équation ».

Exemple 3. Avec d:3x−4y+7=0d : 3x - 4y + 7 = 0.

  • Pour P(3 ;4)P(3\,;4) : 3×3−4×4+7=03 \times 3 - 4 \times 4 + 7 = 0, donc P∈dP \in d.
  • Pour Q(1 ;3)Q(1\,;3) : 3−12+7=−2≠03 - 12 + 7 = -2 \neq 0, donc Q∉dQ \notin d.

1.5 Équation réduite

Si b≠0b \neq 0, on peut isoler yy. On obtient l'équation réduite y=mx+py = mx + p, où mm est le coefficient directeur et pp l'ordonnée à l'origine. Le vecteur (1 ;m)(1\,;m) dirige la droite.

Si b=0b = 0, la droite est parallèle à l'axe des ordonnées. Son équation s'écrit x=kx = k et elle n'a pas de coefficient directeur.

Exemple 4. De 3x−4y+7=03x - 4y + 7 = 0, on tire 4y=3x+74y = 3x + 7, donc y=34x+74y = \dfrac34 x + \dfrac74.

Automatisme. Avec deux points, m=yB−yAxB−xAm = \dfrac{y_B - y_A}{x_B - x_A}. Pour A(−1 ;1)A(-1\,;1) et B(3 ;4)B(3\,;4) : m=4−13−(−1)=34m = \dfrac{4 - 1}{3 - (-1)} = \dfrac34.

1.6 Tracer une droite

Deux points suffisent.

Exemple 5.

  • Pour 2x+y−4=02x + y - 4 = 0 : si x=0x = 0, alors y=4y = 4 ; si y=0y = 0, alors x=2x = 2. La droite passe par (0 ;4)(0\,;4) et (2 ;0)(2\,;0).
  • Pour y=−12x+3y = -\dfrac12 x + 3 : on part de (0 ;3)(0\,;3), on avance de 22 et on descend de 11. La droite passe aussi par (2 ;2)(2\,;2).

Leçon 2 : Vecteur normal à une droite

Voir la vidéo de la leçon 2

2.1 Définition

Soit dd une droite dirigée par un vecteur u⃗\vec{u}. Un vecteur n⃗\vec{n} est normal à dd si n⃗≠0⃗\vec{n} \neq \vec{0} et si n⃗⋅u⃗=0\vec{n} \cdot \vec{u} = 0. Sa direction est perpendiculaire à celle de dd.

Le choix de u⃗\vec{u} ne compte pas, car tous les vecteurs directeurs de dd sont colinéaires. Une droite a une infinité de vecteurs normaux, tous colinéaires entre eux. Un vecteur normal n'a pas besoin de partir d'un point de la droite : seule sa direction compte.

2.2 Le vecteur normal se lit dans l'équation

Théorème. Dans un repère orthonormé, la droite d'équation ax+by+c=0ax + by + c = 0 a pour vecteur normal n⃗ (a ;b)\vec{n}\,(a\,;b).

Démonstration. Le vecteur u⃗ (−b ;a)\vec{u}\,(-b\,;a) dirige la droite, et n⃗⋅u⃗=a×(−b)+b×a=−ab+ab=0.\vec{n} \cdot \vec{u} = a \times (-b) + b \times a = -ab + ab = 0. De plus, n⃗≠0⃗\vec{n} \neq \vec{0} car aa et bb ne sont pas nuls tous les deux.

Exemple 6.

  • La droite 3x−4y+7=03x - 4y + 7 = 0 a pour vecteur normal n⃗ (3 ;−4)\vec{n}\,(3\,;-4). Vérification avec u⃗ (4 ;3)\vec{u}\,(4\,;3) : 3×4+(−4)×3=03 \times 4 + (-4) \times 3 = 0.
  • La droite x−2y=0x - 2y = 0 a pour vecteur normal (1 ;−2)(1\,;-2).
  • La droite 5x+y−2=05x + y - 2 = 0 a pour vecteur normal (5 ;1)(5\,;1).

Attention. Le signe compte : dans 3x−4y+7=03x - 4y + 7 = 0, le coefficient de yy est −4-4, pas 44. Le nombre cc ne joue aucun rôle : des droites parallèles ont les mêmes vecteurs normaux.

2.3 Les autres formes

Droite Équation cartésienne Vecteur normal
y=mx+py = mx + p mx−y+p=0mx - y + p = 0 (m ;−1)(m\,;-1)
y=2x+1y = 2x + 1 2x−y+1=02x - y + 1 = 0 (2 ;−1)(2\,;-1)
x=kx = k x−k=0x - k = 0 (1 ;0)(1\,;0)
y=ky = k y−k=0y - k = 0 (0 ;1)(0\,;1)

2.4 Comparer deux droites

Soit dd et d′d' deux droites, de vecteurs normaux n⃗\vec{n} et n⃗′\vec{n}'.

  • dd et d′d' sont parallèles si et seulement si n⃗\vec{n} et n⃗′\vec{n}' sont colinéaires.
  • dd et d′d' sont perpendiculaires si et seulement si n⃗⋅n⃗′=0\vec{n} \cdot \vec{n}' = 0.

Exemple 7. Soit d1:2x+3y−1=0d_1 : 2x + 3y - 1 = 0, d2:4x+6y+7=0d_2 : 4x + 6y + 7 = 0 et d3:3x−2y+5=0d_3 : 3x - 2y + 5 = 0.

  • n⃗1 (2 ;3)\vec{n}_1\,(2\,;3) et n⃗2 (4 ;6)\vec{n}_2\,(4\,;6) vérifient n⃗2=2n⃗1\vec{n}_2 = 2\vec{n}_1 : d1d_1 et d2d_2 sont parallèles.
  • n⃗1⋅n⃗3=2×3+3×(−2)=0\vec{n}_1 \cdot \vec{n}_3 = 2 \times 3 + 3 \times (-2) = 0 : d1d_1 et d3d_3 sont perpendiculaires.

2.5 Avec les coefficients directeurs

Pour d:y=mx+pd : y = mx + p et d′:y=m′x+p′d' : y = m'x + p' :

  • dd et d′d' sont parallèles si et seulement si m=m′m = m' ;
  • dd et d′d' sont perpendiculaires si et seulement si mm′=−1mm' = -1.

En effet, (m ;−1)⋅(m′ ;−1)=mm′+1(m\,;-1) \cdot (m'\,;-1) = mm' + 1.

Exemple 8. Les droites y=2x+1y = 2x + 1 et y=−12x+3y = -\dfrac12 x + 3 sont perpendiculaires, car 2×(−12)=−12 \times \left(-\dfrac12\right) = -1.

Automatisme. Le coefficient directeur d'une perpendiculaire s'obtient de tête : on inverse et on change le signe. Pour m=34m = \dfrac34, on trouve −43-\dfrac43.

Leçon 3 : Équation cartésienne à partir d'un point et d'un vecteur normal

Voir la vidéo de la leçon 3

3.1 La propriété

Soit AA un point et n⃗\vec{n} un vecteur non nul. Une seule droite dd passe par AA et admet n⃗\vec{n} pour vecteur normal, et M∈d  ⟺  AM→⋅n⃗=0.M \in d \iff \overrightarrow{AM} \cdot \vec{n} = 0.

En effet, si MM est différent de AA, le point MM est sur dd si et seulement si la droite (AM)(AM) est perpendiculaire à la direction de n⃗\vec{n}.

Avec A(xA ;yA)A(x_A\,;y_A) et n⃗ (a ;b)\vec{n}\,(a\,;b), cette égalité s'écrit a(x−xA)+b(y−yA)=0a(x - x_A) + b(y - y_A) = 0. En développant, on obtient bien une équation de la forme ax+by+c=0ax + by + c = 0.

3.2 Première méthode : le produit scalaire

Exemple 9. Droite passant par A(2 ;−1)A(2\,;-1), de vecteur normal n⃗ (3 ;4)\vec{n}\,(3\,;4). On a AM→ (x−2 ;y+1)\overrightarrow{AM}\,(x - 2\,;y + 1), donc AM→⋅n⃗=0  ⟺  3(x−2)+4(y+1)=0  ⟺  3x+4y−2=0.\overrightarrow{AM} \cdot \vec{n} = 0 \iff 3(x - 2) + 4(y + 1) = 0 \iff 3x + 4y - 2 = 0.

3.3 Deuxième méthode : les coefficients

Exemple 10. Même droite. Le vecteur normal donne les coefficients : l'équation est de la forme 3x+4y+c=03x + 4y + c = 0. Comme AA est sur la droite, 3×2+4×(−1)+c=03 \times 2 + 4 \times (-1) + c = 0, soit c=−2c = -2. Une équation est 3x+4y−2=03x + 4y - 2 = 0.

Méthode. Écrire ax+by+c=0ax + by + c = 0 avec les coordonnées de n⃗\vec{n}, puis trouver cc avec le point. Vérifier ensuite que les coordonnées du point annulent le membre de gauche.

3.4 Perpendiculaire à une droite passant par un point

Un vecteur directeur de l'une des droites est un vecteur normal de l'autre.

Exemple 11 (une rue perpendiculaire). Sur le plan d'un quartier, dont l'unité vaut cent mètres, une avenue a pour équation x−2y+3=0x - 2y + 3 = 0 et l'école est au point E(1 ;5)E(1\,;5). On veut tracer la rue perpendiculaire à l'avenue passant par EE.

L'avenue est dirigée par u⃗ (2 ;1)\vec{u}\,(2\,;1), qui est donc un vecteur normal de la rue. L'équation de la rue est de la forme 2x+y+c=02x + y + c = 0. Elle passe par EE : 2+5+c=02 + 5 + c = 0, donc c=−7c = -7. La rue a pour équation 2x+y−7=02x + y - 7 = 0.

3.5 Hauteur d'un triangle

La hauteur issue de CC dans le triangle ABCABC passe par CC et admet AB→\overrightarrow{AB} pour vecteur normal.

Exemple 12. Soit A(1 ;1)A(1\,;1), B(7 ;3)B(7\,;3) et C(2 ;6)C(2\,;6). On a AB→ (6 ;2)\overrightarrow{AB}\,(6\,;2). La hauteur issue de CC a une équation 6x+2y+c=06x + 2y + c = 0. Avec CC : 12+12+c=012 + 12 + c = 0, donc c=−24c = -24. En divisant par 22, on obtient 3x+y−12=03x + y - 12 = 0.

3.6 Médiatrice d'un segment

La médiatrice de [AB][AB] passe par le milieu de [AB][AB] et admet AB→\overrightarrow{AB} pour vecteur normal.

Exemple 13. Soit A(−1 ;2)A(-1\,;2) et B(3 ;4)B(3\,;4). Le milieu est I(1 ;3)I(1\,;3) et AB→ (4 ;2)\overrightarrow{AB}\,(4\,;2). La médiatrice a une équation 4x+2y+c=04x + 2y + c = 0. Avec II : 4+6+c=04 + 6 + c = 0, donc c=−10c = -10. En divisant par 22, on obtient 2x+y−5=02x + y - 5 = 0.

3.7 Directeur ou normal ?

Si l'énoncé donne un vecteur directeur u⃗ (α ;β)\vec{u}\,(\alpha\,;\beta), ses coordonnées ne sont pas les coefficients de xx et de yy. On prend d'abord le vecteur normal n⃗ (β ;−α)\vec{n}\,(\beta\,;-\alpha).

Exemple 14. Droite passant par A(2 ;1)A(2\,;1), dirigée par u⃗ (3 ;5)\vec{u}\,(3\,;5). Le vecteur n⃗ (5 ;−3)\vec{n}\,(5\,;-3) convient, car n⃗⋅u⃗=15−15=0\vec{n} \cdot \vec{u} = 15 - 15 = 0. L'équation est de la forme 5x−3y+c=05x - 3y + c = 0. Avec AA : 10−3+c=010 - 3 + c = 0, donc c=−7c = -7. Une équation est 5x−3y−7=05x - 3y - 7 = 0.

Leçon 4 : Projeté orthogonal d'un point sur une droite

Voir la vidéo de la leçon 4

4.1 Rappel

Le projeté orthogonal d'un point MM sur une droite dd est le point HH de dd tel que (MH)(MH) soit perpendiculaire à dd. Si MM est sur dd, alors H=MH = M.

C'est le point de dd le plus proche de MM. En effet, si NN est un autre point de dd, le triangle MHNMHN est rectangle en HH, donc MN2=MH2+HN2MN^2 = MH^2 + HN^2 et MN>MHMN > MH. La longueur MHMH s'appelle la distance du point MM à la droite dd.

4.2 La méthode

  1. Perpendiculaire. Écrire une équation de la droite Δ\Delta perpendiculaire à dd passant par MM : un vecteur directeur de dd est un vecteur normal de Δ\Delta.
  2. Intersection. Résoudre le système formé par les équations de dd et de Δ\Delta : sa solution donne les coordonnées de HH.
  3. Vérification. Contrôler que HH est sur dd et que MH→\overrightarrow{MH} est orthogonal à un vecteur directeur de dd. Calculer MHMH si l'énoncé le demande.

4.3 Résoudre un système

Les coordonnées du point d'intersection de deux droites vérifient les deux équations à la fois. On isole une inconnue dans une équation, puis on la remplace dans l'autre.

Exemple 15. Intersection de 2x+3y−7=02x + 3y - 7 = 0 et de 3x−2y−4=03x - 2y - 4 = 0. Dans la seconde équation, on isole yy : y=3x−42y = \dfrac{3x - 4}{2}. On remplace dans la première : 2x+3(3x−4)2−7=02x + \dfrac{3(3x - 4)}{2} - 7 = 0. En multipliant par 22 : 4x+9x−12−14=04x + 9x - 12 - 14 = 0, soit 13x=2613x = 26. Donc x=2x = 2, puis y=6−42=1y = \dfrac{6 - 4}{2} = 1. Les droites se coupent en (2 ;1)(2\,;1).

4.4 Un exemple complet

Exemple 16. Soit d:x+2y−4=0d : x + 2y - 4 = 0 et M(4 ;5)M(4\,;5).

Étape 1. Le vecteur u⃗ (−2 ;1)\vec{u}\,(-2\,;1) dirige dd, donc il est normal à Δ\Delta. Une équation de Δ\Delta est de la forme −2x+y+c=0-2x + y + c = 0. Avec MM : −8+5+c=0-8 + 5 + c = 0, donc c=3c = 3. Ainsi, Δ:−2x+y+3=0\Delta : -2x + y + 3 = 0.

Étape 2. Dans l'équation de Δ\Delta, on isole yy : y=2x−3y = 2x - 3. On remplace dans celle de dd : x+2(2x−3)−4=0x + 2(2x - 3) - 4 = 0, soit 5x−10=05x - 10 = 0. Donc x=2x = 2, puis y=1y = 1. Le projeté orthogonal est H(2 ;1)H(2\,;1).

Étape 3. On a 2+2×1−4=02 + 2 \times 1 - 4 = 0, et MH→ (−2 ;−4)\overrightarrow{MH}\,(-2\,;-4) vérifie MH→⋅u⃗=4−4=0\overrightarrow{MH} \cdot \vec{u} = 4 - 4 = 0. La distance de MM à dd vaut MH=4+16=20=25MH = \sqrt{4 + 16} = \sqrt{20} = 2\sqrt5.

4.5 Un raccourci avec une équation réduite

Si d:y=mx+pd : y = mx + p, le point HH s'écrit H(x ;mx+p)H(x\,;mx + p) : il n'y a qu'une inconnue. On annule le produit scalaire de MH→\overrightarrow{MH} par le vecteur directeur (1 ;m)(1\,;m).

Exemple 17. Soit d:y=2x+1d : y = 2x + 1 et M(6 ;3)M(6\,;3). On pose H(x ;2x+1)H(x\,;2x + 1). Alors MH→ (x−6 ;2x−2)\overrightarrow{MH}\,(x - 6\,;2x - 2) et u⃗ (1 ;2)\vec{u}\,(1\,;2) donnent (x−6)+2(2x−2)=5x−10=0.(x - 6) + 2(2x - 2) = 5x - 10 = 0. Donc x=2x = 2 et H(2 ;5)H(2\,;5).

4.6 Le chalet

Exemple 18. Un chalet doit être raccordé à une ligne électrique rectiligne. On place le chalet à l'origine, l'unité vaut cent mètres, et la ligne a pour équation 3x+4y−25=03x + 4y - 25 = 0.

La ligne est dirigée par (4 ;−3)(4\,;-3), donc la perpendiculaire passant par OO a pour équation 4x−3y=04x - 3y = 0, soit y=43xy = \dfrac43 x. En remplaçant : 3x+163x=253x + \dfrac{16}{3}x = 25, soit 253x=25\dfrac{25}{3}x = 25. Donc x=3x = 3, puis y=4y = 4.

Le raccordement se fait au point (3 ;4)(3\,;4), et le câble mesure 9+16=5\sqrt{9 + 16} = 5 unités, soit 500500 mètres.

Automatisme. Le projeté de M(x ;y)M(x\,;y) sur l'axe des abscisses est (x ;0)(x\,;0), et sur l'axe des ordonnées, (0 ;y)(0\,;y). Sur une droite x=kx = k, c'est (k ;y)(k\,;y) ; sur une droite y=ky = k, c'est (x ;k)(x\,;k).

Leçon 5 : Équation d'un cercle donné par son centre et son rayon

Voir la vidéo de la leçon 5

5.1 Le théorème

Théorème. Le cercle de centre C(a ;b)C(a\,;b) et de rayon RR a pour équation (x−a)2+(y−b)2=R2.(x - a)^2 + (y - b)^2 = R^2.

Démonstration. Un point M(x ;y)M(x\,;y) est sur le cercle si et seulement si CM=RCM = R. Comme CMCM et RR sont positifs, cela équivaut à CM2=R2CM^2 = R^2. Or, CM2=(x−a)2+(y−b)2CM^2 = (x - a)^2 + (y - b)^2.

Le cercle de centre OO et de rayon RR a pour équation x2+y2=R2x^2 + y^2 = R^2.

Exemple 19. Le cercle de centre C(2 ;−1)C(2\,;-1) et de rayon 33 a pour équation (x−2)2+(y+1)2=9(x - 2)^2 + (y + 1)^2 = 9. En développant, on obtient x2+y2−4x+2y−4=0x^2 + y^2 - 4x + 2y - 4 = 0. C'est le même cercle, mais on n'y lit plus ni le centre ni le rayon.

Attention.

  • y−(−1)=y+1y - (-1) = y + 1 : on lit le centre en changeant les signes.
  • À droite de l'égalité figure R2R^2, pas RR. Pour x2+y2=9x^2 + y^2 = 9, le rayon vaut 33.

5.2 Tester un point

On remplace xx et yy dans le membre de gauche, qui est le carré de la distance au centre, puis on compare à R2R^2.

Exemple 20. Avec (x−2)2+(y+1)2=9(x - 2)^2 + (y + 1)^2 = 9.

  • Pour A(2 ;2)A(2\,;2) : 0+9=90 + 9 = 9, donc AA est sur le cercle.
  • Pour O(0 ;0)O(0\,;0) : 4+1=5<94 + 1 = 5 < 9, donc OO est à l'intérieur.
  • Pour D(5 ;2)D(5\,;2) : 9+9=18>99 + 9 = 18 > 9, donc DD est à l'extérieur.

Exemple 21 (une antenne). Une antenne de radio locale émet dans un rayon de 55 kilomètres. L'unité vaut un kilomètre et l'antenne est au point (1 ;2)(1\,;2). Le bord de la zone couverte a pour équation (x−1)2+(y−2)2=25(x - 1)^2 + (y - 2)^2 = 25.

  • Maison en (4 ;6)(4\,;6) : 9+16=259 + 16 = 25, elle est exactement à la limite.
  • Refuge en (−2 ;−1)(-2\,;-1) : 9+9=18<259 + 9 = 18 < 25, il est couvert.
  • Ferme en (6 ;3)(6\,;3) : 25+1=26>2525 + 1 = 26 > 25, elle n'est pas couverte.

5.3 Des points du cercle sur un axe

On remplace la coordonnée connue, puis on résout une équation du second degré.

Exemple 22. Le cercle (x−3)2+(y−4)2=25(x - 3)^2 + (y - 4)^2 = 25 coupe l'axe des abscisses là où y=0y = 0. On obtient (x−3)2+16=25(x - 3)^2 + 16 = 25, soit (x−3)2=9(x - 3)^2 = 9. Donc x−3=3x - 3 = 3 ou x−3=−3x - 3 = -3, c'est-à-dire x=6x = 6 ou x=0x = 0. Les points sont (6 ;0)(6\,;0) et OO.

5.4 Cercle défini par un diamètre

Si [AB][AB] est un diamètre, le centre est le milieu de [AB][AB] et le rayon vaut AB2\dfrac{AB}{2}.

Exemple 23. Soit A(−1 ;1)A(-1\,;1) et B(3 ;3)B(3\,;3). Le centre est C(1 ;2)C(1\,;2). On a AB2=16+4=20AB^2 = 16 + 4 = 20, donc R2=204=5R^2 = \dfrac{20}{4} = 5. Le cercle a pour équation (x−1)2+(y−2)2=5(x - 1)^2 + (y - 2)^2 = 5.

Le chapitre 9 donne un autre chemin : MM est sur ce cercle si et seulement si MA→⋅MB→=0\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = 0, soit (x+1)(x−3)+(y−1)(y−3)=0(x + 1)(x - 3) + (y - 1)(y - 3) = 0. En développant, on obtient x2+y2−2x−4y=0x^2 + y^2 - 2x - 4y = 0, comme avec la première équation.

5.5 Un peu d'histoire

Les cercles font partie des plus vieux objets mathématiques. La caractérisation du cercle de diamètre [AB][AB] comme ensemble des points MM tels que le triangle AMBAMB soit rectangle en MM semble remonter à Thalès. Mais c'est seulement au dix-septième siècle que Descartes élabore la méthode des coordonnées et écrit l'équation d'un cercle en repère orthonormé.

Leçon 6 : Reconnaitre une équation de cercle : centre et rayon

Voir la vidéo de la leçon 6

6.1 Compléter les carrés

On part de l'identité du chapitre 1 : x2+2kx=(x+k)2−k2x^2 + 2kx = (x + k)^2 - k^2.

  • x2−6x=(x−3)2−9x^2 - 6x = (x - 3)^2 - 9
  • y2+4y=(y+2)2−4y^2 + 4y = (y + 2)^2 - 4

6.2 La méthode

  1. Regrouper les termes en xx et les termes en yy.
  2. Compléter chaque carré.
  3. Faire passer les nombres à droite.
  4. Lire le centre et le rayon : le rayon est la racine carrée du membre de droite.

Exemple 24 (un feu d'artifice). Pour un feu d'artifice, le bord de la zone de sécurité a pour équation x2+y2−6x+4y−3=0x^2 + y^2 - 6x + 4y - 3 = 0, dans un repère gradué en hectomètres. (x2−6x)+(y2+4y)−3=0\left(x^2 - 6x\right) + \left(y^2 + 4y\right) - 3 = 0 (x−3)2−9+(y+2)2−4−3=0(x - 3)^2 - 9 + (y + 2)^2 - 4 - 3 = 0 (x−3)2+(y+2)2=16(x - 3)^2 + (y + 2)^2 = 16 C'est le cercle de centre (3 ;−2)(3\,;-2) et de rayon 44. Le pas de tir est en (3 ;−2)(3\,;-2) et la zone a un rayon de 400400 mètres.

Exemple 25. Pour x2+y2+8x−2y+8=0x^2 + y^2 + 8x - 2y + 8 = 0 : x2+8x=(x+4)2−16x^2 + 8x = (x + 4)^2 - 16 et y2−2y=(y−1)2−1y^2 - 2y = (y - 1)^2 - 1. Donc (x+4)2+(y−1)2=16+1−8=9(x + 4)^2 + (y - 1)^2 = 16 + 1 - 8 = 9. C'est le cercle de centre (−4 ;1)(-4\,;1) et de rayon 33, et non 99.

6.3 Trois cas

Une fois les carrés complétés, on a une égalité (x−a)2+(y−b)2=k(x - a)^2 + (y - b)^2 = k.

Valeur de kk Ensemble des points
k>0k > 0 le cercle de centre (a ;b)(a\,;b) et de rayon k\sqrt{k}
k=0k = 0 un seul point, (a ;b)(a\,;b)
k<0k < 0 l'ensemble vide

Exemple 26.

  • x2+y2−2x+4y+5=0x^2 + y^2 - 2x + 4y + 5 = 0 équivaut à (x−1)2+(y+2)2=0(x - 1)^2 + (y + 2)^2 = 0. Une somme de carrés n'est nulle que si chacun est nul : il ne reste que le point (1 ;−2)(1\,;-2).
  • x2+y2+6y+10=0x^2 + y^2 + 6y + 10 = 0 équivaut à x2+(y+3)2=−1x^2 + (y + 3)^2 = -1. Une somme de carrés n'est jamais négative : l'ensemble est vide.

6.4 La bonne forme

Dans une équation de cercle développée, x2x^2 et y2y^2 ont le même coefficient, et il n'y a pas de terme en xyxy. Si ce coefficient n'est pas 11, on divise d'abord.

Exemple 27. 2x2+2y2−4x+8y−8=02x^2 + 2y^2 - 4x + 8y - 8 = 0 équivaut à x2+y2−2x+4y−4=0x^2 + y^2 - 2x + 4y - 4 = 0, soit (x−1)2+(y+2)2=9(x - 1)^2 + (y + 2)^2 = 9. C'est le cercle de centre (1 ;−2)(1\,;-2) et de rayon 33.

En revanche, x2+2y2=1x^2 + 2y^2 = 1 n'est pas une équation de cercle.

6.5 Un paramètre

Un paramètre est une lettre qui désigne un nombre fixé. On étudie alors ce qui se passe selon sa valeur.

Exemple 28. Soit mm un réel. L'équation x2+y2−2x+4y+m=0x^2 + y^2 - 2x + 4y + m = 0 équivaut à (x−1)2+(y+2)2=5−m(x - 1)^2 + (y + 2)^2 = 5 - m.

  • Si m<5m < 5, c'est le cercle de centre (1 ;−2)(1\,;-2) et de rayon 5−m\sqrt{5 - m}.
  • Si m=5m = 5, c'est le point (1 ;−2)(1\,;-2).
  • Si m>5m > 5, l'ensemble est vide.

Leçon 7 : Utiliser un repère pour étudier une configuration

Voir la vidéo de la leçon 7

7.1 La méthode

Une figure ne porte pas toujours de coordonnées. Le repère, c'est toi qui le choisis.

  1. Choisir un repère orthonormé adapté : souvent l'origine à un angle droit et les axes le long des côtés.
  2. Écrire les coordonnées des points utiles.
  3. Traduire la question en calcul.
  4. Conclure par une phrase, sans parler du repère : le résultat n'en dépend pas.
Question Calcul
Droites perpendiculaires produit scalaire nul
Droites parallèles, points alignés déterminant nul
Longueur norme
Milieu moyenne des coordonnées

7.2 Un carré

Exemple 29. Soit ABCDABCD un carré, II le milieu de [AB][AB] et JJ le milieu de [BC][BC]. Montrons que (DI)(DI) et (AJ)(AJ) sont perpendiculaires.

On prend le repère d'origine AA, d'axes (AB)(AB) et (AD)(AD), dont l'unité est le côté du carré : il est orthonormé. Alors A(0 ;0)A(0\,;0), B(1 ;0)B(1\,;0), C(1 ;1)C(1\,;1), D(0 ;1)D(0\,;1), I(12 ;0)I\left(\dfrac12\,;0\right) et J(1 ;12)J\left(1\,;\dfrac12\right).

On a AJ→(1 ;12)\overrightarrow{AJ}\left(1\,;\dfrac12\right) et DI→(12 ;−1)\overrightarrow{DI}\left(\dfrac12\,;-1\right), donc AJ→⋅DI→=12−12=0\overrightarrow{AJ} \cdot \overrightarrow{DI} = \dfrac12 - \dfrac12 = 0.

Les droites (DI)(DI) et (AJ)(AJ) sont perpendiculaires, quelle que soit la taille du carré.

7.3 Un rectangle et des lettres

Exemple 30. Soit ABCDABCD un rectangle, avec AB=aAB = a et AD=bAD = b, où aa et bb sont deux nombres strictement positifs : ce sont des paramètres.

Attention : on ne peut pas prendre ABAB et ADAD comme unités, le repère ne serait pas orthonormé. On garde la même unité sur les deux axes. Alors B(a ;0)B(a\,;0), D(0 ;b)D(0\,;b) et C(a ;b)C(a\,;b).

On a AC→ (a ;b)\overrightarrow{AC}\,(a\,;b), BD→ (−a ;b)\overrightarrow{BD}\,(-a\,;b) et AC→⋅BD→=b2−a2\overrightarrow{AC} \cdot \overrightarrow{BD} = b^2 - a^2. Comme aa et bb sont positifs, ce nombre est nul si et seulement si a=ba = b. Les diagonales d'un rectangle sont perpendiculaires si et seulement si ce rectangle est un carré.

7.4 Une tangente à un cercle

La tangente en un point AA d'un cercle de centre CC est la droite qui passe par AA et qui est perpendiculaire au rayon [CA][CA].

Exemple 31. Soit le cercle de centre C(1 ;2)C(1\,;2) passant par A(4 ;3)A(4\,;3). Le vecteur CA→ (3 ;1)\overrightarrow{CA}\,(3\,;1) est normal à la tangente en AA. Son équation est de la forme 3x+y+c=03x + y + c = 0. Avec AA : 12+3+c=012 + 3 + c = 0, donc c=−15c = -15. La tangente a pour équation 3x+y−15=03x + y - 15 = 0.

Ce qu'il faut retenir du chapitre

  1. Droite : équation cartésienne ax+by+c=0ax + by + c = 0, vecteur directeur (−b ;a)(-b\,;a), vecteur normal (a ;b)(a\,;b).
  2. Appartenance : un point est sur une droite ou un cercle si et seulement si ses coordonnées vérifient l'équation.
  3. Comparer : vecteurs normaux colinéaires pour des droites parallèles, produit scalaire nul pour des droites perpendiculaires.
  4. Droite par un point et un vecteur normal : AM→⋅n⃗=0\overrightarrow{AM} \cdot \vec{n} = 0 ; en pratique, on écrit ax+by+c=0ax + by + c = 0 et on trouve cc avec le point.
  5. Projeté orthogonal de MM sur dd : perpendiculaire à dd passant par MM, puis intersection. C'est le point de dd le plus proche de MM, et MHMH est la distance de MM à dd.
  6. Cercle : (x−a)2+(y−b)2=R2(x - a)^2 + (y - b)^2 = R^2, de centre (a ;b)(a\,;b) et de rayon RR.
  7. Reconnaitre un cercle : compléter les carrés. Membre de droite positif : un cercle ; nul : un point ; négatif : rien.
  8. Configuration : choisir un repère orthonormé, calculer, conclure par une phrase sans parler du repère.

Rituel d'automatismes

Douze questions à réponses courtes, sans calculatrice, à faire en dix minutes environ : six sur ce chapitre, six sur des automatismes déjà travaillés. C'est le format de la première partie de l'épreuve anticipée. Télécharger le rituel du chapitre 10 (PDF, avec son corrigé).

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