Un gain total à deux jeux, un ticket de caisse, un nombre de succès, une note moyenne : beaucoup de grandeurs aléatoires sont des sommes. Dans ce chapitre, on apprend à calculer l'espérance et la variance d'une somme, souvent sans connaître sa loi. On en déduit l'espérance et la variance de la loi binomiale, annoncées au chapitre 11, puis celles de la moyenne d'un échantillon, qui prépare le chapitre 16.
Leçon 1 : Somme de deux variables aléatoires, linéarité de l'espérance
Une variable aléatoireX associe un nombre réel à chaque issue d'une expérience aléatoire. Sa loi donne les probabilités pi=P(X=xi) de ses valeurs x1,…,xm.
Espérance : E(X)=i∑pixi. C'est la moyenne des valeurs, pondérée par les probabilités.
Variance : V(X)=i∑pi(xi−E(X))2. C'est la moyenne pondérée des carrés des écarts à l'espérance.
Écart type : σ(X)=V(X). Il mesure la dispersion de X autour de E(X), dans la même unité que X.
1.2 Somme de deux variables : un exemple
Exemple 1 (deux roues de loterie). Au marché de Noël, un stand propose deux roues. La première fait gagner 0, 2 ou 4 euros, la seconde 0 ou 5 euros. On note X le gain à la première roue, Y le gain à la seconde, et S=X+Y le gain total.
x
0
2
4
P(X=x)
0,5
0,3
0,2
y
0
5
P(Y=y)
0,8
0,2
Les deux roues tournent séparément : ce sont deux épreuves indépendantes (chapitre 11), et la probabilité d'une issue est le produit des probabilités. Le tableau suivant donne, pour chaque issue, la valeur de S et sa probabilité.
y=0
y=5
x=0
S=0 ; 0,4
S=5 ; 0,1
x=2
S=2 ; 0,24
S=7 ; 0,06
x=4
S=4 ; 0,16
S=9 ; 0,04
On en déduit la loi de S :
s
0
2
4
5
7
9
P(S=s)
0,4
0,24
0,16
0,1
0,06
0,04
Calculons trois espérances :
à partir de la loi de S : E(S)=0×0,4+2×0,24+4×0,16+5×0,1+7×0,06+9×0,04=2,4 ;
E(X)=0×0,5+2×0,3+4×0,2=1,4 ;
E(Y)=0×0,8+5×0,2=1.
On constate que E(S)=E(X)+E(Y).
1.3 Pourquoi l'espérance d'une somme est la somme des espérances
On écrit l'espérance comme une moyenne pondérée sur l'ensemble des issues : c'est le même calcul, avant de regrouper les issues qui donnent la même valeur.
Dans l'exemple 1, on regroupe dans la première somme les issues où X prend une même valeur :
0,24×2+0,06×2+0,16×4+0,04×4=2×0,3+4×0,2=E(X).
De même, dans la seconde somme :
0,1×5+0,06×5+0,04×5=5×0,2=E(Y).
Ce raisonnement n'utilise pas l'indépendance des deux roues. On admet qu'il se généralise.
Propriété (linéarité de l'espérance). Pour toutes variables aléatoires X et Y définies sur un même univers, et pour tout réel a :
E(X+Y)=E(X)+E(Y)etE(aX)=aE(X).
Pour la seconde égalité, le nombre a se met simplement en facteur : ∑ipi(axi)=a∑ipixi.
Remarques.
La linéarité vaut pour des variables quelconques, indépendantes ou non.
Elle s'étend à plusieurs variables : E(X1+X2+⋯+Xn)=E(X1)+E(X2)+⋯+E(Xn).
En particulier, E(X−Y)=E(X)−E(Y).
1.4 La force de la linéarité : une espérance sans la loi
Exemple 2 (un camion-restaurant). Dans un camion-restaurant, un client paie un plat, à 9 ou 12 euros, et parfois un dessert à 4 euros. On note X le prix du plat et Y le prix du dessert (0 s'il n'en prend pas) :
x
9
12
P(X=x)
0,7
0,3
y
0
4
P(Y=y)
0,4
0,6
Les deux choix ne sont pas indépendants, et l'on ne connaît pas la loi du ticket T=X+Y. Pourtant, E(X)=9×0,7+12×0,3=9,9 et E(Y)=4×0,6=2,4, donc, par linéarité,
E(T)=9,9+2,4=12,3.
Le ticket moyen est de 12,30 euros. Pour 80 clients, on attend une recette de 80×12,3=984 euros.
Exemple 3 (les bougies de Nadia). Nadia fabrique des bougies et les vend chaque samedi sur un marché. Le nombre X de bougies vendues suit la loi suivante.
x
10
20
30
P(X=x)
0,2
0,5
0,3
On trouve E(X)=10×0,2+20×0,5+30×0,3=21, puis V(X)=0,2×(−11)2+0,5×(−1)2+0,3×92=49, et σ(X)=7. Chaque bougie rapporte 6 euros et l'emplacement coûte 45 euros : le bénéfice du samedi est B=6X−45.
2.2 Espérance de aX + b
Une constante b est une variable qui ne prend qu'une seule valeur : son espérance vaut b. Par linéarité :
Propriété. Pour tous réels a et b, E(aX+b)=aE(X)+b.
Exemple 3 (suite).E(B)=6×21−45=81 : le bénéfice moyen est de 81 euros.
2.3 Variance et écart type de aX + b
Propriété. Pour tous réels a et b :
V(aX+b)=a2V(X)etσ(aX+b)=∣a∣σ(X).
En particulier, V(aX)=a2V(X).
Démonstration. Soit Y=aX+b. Ses valeurs sont les yi=axi+b, avec les mêmes probabilités pi, et E(Y)=aE(X)+b. Donc
yi−E(Y)=(axi+b)−(aE(X)+b)=a(xi−E(X)).
La constante b a disparu. En élevant au carré :
V(Y)=∑ipia2(xi−E(X))2=a2∑ipi(xi−E(X))2=a2V(X).
Enfin, σ(Y)=a2V(X)=∣a∣V(X)=∣a∣σ(X). ■
Exemple 3 (suite).V(B)=62×49=1764 et σ(B)=6×7=42 euros. On peut le vérifier directement : B prend les valeurs 15, 75 et 135 avec les probabilités 0,2 ; 0,5 et 0,3, d'où E(B)=81 et V(B)=0,2×662+0,5×62+0,3×542=1764.
2.4 Déplacer ou étaler
Ajouter une constante déplace le diagramme de la loi sans le déformer : l'espérance change, pas l'écart type. Par exemple, X+30 a pour espérance 51 et pour écart type 7.
Multiplier par un nombre étale le diagramme : les écarts à l'espérance sont multipliés. Par exemple, 2X a pour espérance 42 et pour écart type 14.
2.5 Deux pièges
La variance n'est pas linéaire.V(2X)=4V(X), et non 2V(X). De plus, V(X+b)=V(X).
Le nombre a peut être négatif. La variance reste positive ou nulle, grâce au carré, et l'écart type fait intervenir ∣a∣.
Exemple 3 (suite). Nadia apporte 40 bougies. Il lui en reste R=40−X le soir, soit a=−1 et b=40. Alors E(R)=40−21=19, V(R)=(−1)2×49=49 et σ(R)=7.
Leçon 3 : Variables indépendantes et variance d'une somme
Dans ce chapitre, comme dans le programme, les variables indépendantes sont toujours envisagées dans le cadre d'une succession d'épreuves indépendantes (chapitre 11).
Variables indépendantes. Dans une succession d'épreuves indépendantes, si X ne dépend que d'une épreuve et Y seulement d'une autre, on dit que X et Y sont indépendantes. Connaître la valeur de X n'apprend alors rien sur Y : pour toutes valeurs x et y,
P(X=x et Y=y)=P(X=x)×P(Y=y).
Les gains X et Y des deux roues de l'exemple 1 sont indépendants. L'indépendance fait partie du modèle : on la justifie par la situation, on ne cherche pas à la démontrer.
3.2 L'additivité de la variance
Propriété (admise). Si X et Y sont indépendantes, alors
V(X+Y)=V(X)+V(Y).
Contrairement à la linéarité de l'espérance, cette égalité exige l'indépendance.
Exemple 1 (suite).V(X)=0,5×1,42+0,3×0,62+0,2×2,62=2,44 et V(Y)=0,8×12+0,2×42=4. Avec la loi de S, la formule V(S)=∑ipisi2−E(S)2 donne V(S)=12,2−2,42=6,44. C'est bien 2,44+4.
3.3 Écarts types et différences
Ce sont les variances qui s'ajoutent, pas les écarts types. Dans l'exemple 1, σ(S)=6,44≈2,54, alors que σ(X)+σ(Y)≈1,56+2=3,56.
Pour une différence, les variances s'ajoutent encore. Si X et Y sont indépendantes, X et −Y le sont aussi, et V(−Y)=(−1)2V(Y)=V(Y). Donc
V(X−Y)=V(X)+V(−Y)=V(X)+V(Y).
3.4 Sans indépendance
L'additivité peut être fausse si les variables ne sont pas indépendantes.
Cas extrême. Avec Y=X : V(X+X)=V(2X)=4V(X), et non 2V(X) (sauf si V(X)=0).
Exemple 2 (suite). On connaît maintenant la répartition des quatre choix possibles au camion-restaurant.
Plat, dessert
9 ; 0
9 ; 4
12 ; 0
12 ; 4
Ticket T
9
13
12
16
Probabilité
0,3
0,4
0,1
0,2
Ces probabilités ne sont pas des produits : P(X=9 et Y=0)=0,3, alors que P(X=9)×P(Y=0)=0,7×0,4=0,28. On retrouve E(T)=12,3, comme annoncé par la linéarité. Mais V(T)=6,21, alors que V(X)+V(Y)=1,89+3,84=5,73.
3.5 Plus de deux variables
Si X1,X2,…,Xn sont associées à n épreuves indépendantes, chacune à la sienne, elles sont indépendantes (au sens d'une indépendance de toutes les variables entre elles), et
V(X1+X2+⋯+Xn)=V(X1)+V(X2)+⋯+V(Xn).
On l'obtient de proche en proche : X1+⋯+Xn−1 ne dépend que des n−1 premières épreuves, donc elle est indépendante de Xn.
Leçon 4 : Espérance, variance et écart type de la loi binomiale
On considère un schéma de Bernoulli de paramètres n et p, et le nombre de succès X, qui suit la loi B(n,p). Pour chaque rang i de 1 à n, on pose Xi=1 si l'épreuve numéro i est un succès, et Xi=0 sinon.
Additionner ces uns et ces zéros revient à compter les succès :
X=X1+X2+⋯+Xn.
Par exemple, pour n=5, l'issue (S;S;S;S;S) donne 1+0+1+1+0=3 succès.
4.2 Le théorème
Théorème. Si X suit la loi binomiale B(n,p), alors
E(X)=np,V(X)=np(1−p),σ(X)=np(1−p).
Démonstration. On écrit X=X1+X2+⋯+Xn comme ci-dessus. Chaque Xi suit la loi de Bernoulli de paramètre p. D'après le chapitre 11, E(Xi)=p et V(Xi)=p(1−p).
Espérance. Par linéarité, E(X)=E(X1)+⋯+E(Xn)=np.
Variance. Chaque Xi ne dépend que de l'épreuve numéro i, et les épreuves d'un schéma de Bernoulli sont indépendantes : les Xi sont indépendantes. Par additivité, V(X)=V(X1)+⋯+V(Xn)=np(1−p).
Écart type.σ(X)=V(X)=np(1−p). ■
L'espérance est très naturelle : sur n essais, avec une proportion p de réussite, on attend np succès.
4.3 Exemples
Exemple 4 (les lancers francs de Maëlle, chapitre 11). Le nombre X de lancers réussis sur trois suit la loi B(3;0,8), de loi :
k
0
1
2
3
P(X=k)
0,008
0,096
0,384
0,512
Les formules donnent E(X)=3×0,8=2,4 et V(X)=3×0,8×0,2=0,48. Le calcul direct donne le même résultat : 1×0,096+2×0,384+3×0,512=2,4, et 1×0,096+4×0,384+9×0,512−2,42=6,24−5,76=0,48.
Exemple 5 (un élevage de poules). Dans un élevage de 120 poules, chacune pond un œuf dans la journée avec la probabilité 0,75, indépendamment des autres. Le nombre X de poules qui pondent suit la loi B(120;0,75). Donc E(X)=120×0,75=90, V(X)=90×0,25=22,5 et σ(X)=22,5≈4,74.
4.4 Remarques
Le nombre d'échecs.n−X suit la loi B(n,1−p) (chapitre 11). Son espérance vaut n(1−p) et sa variance est la même que celle de X, ce qu'annonce aussi la formule V(aX+b)=a2V(X) avec a=−1.
Pour n fixé, la variance np(1−p) est la plus grande pour p=21 : elle vaut alors 4n. Elle est faible quand le succès est très rare ou très fréquent.
Définition. Un échantillon de taille n d'une loi de probabilité est une liste (X1,X2,…,Xn) de variables aléatoires indépendantes et identiques, suivant toutes cette loi.
Un échantillon modélise n répétitions indépendantes d'une même expérience. On note X une variable de cette loi, et :
Sn=X1+X2+⋯+XnetMn=nSn.Sn est la somme de l'échantillon, Mn sa moyenne.
5.2 La somme
Propriété.E(Sn)=nE(X), V(Sn)=nV(X) et σ(Sn)=nσ(X).
Justification. Par linéarité, E(Sn) est la somme de n termes égaux à E(X). Les Xi sont indépendantes : par additivité, V(Sn) est la somme de n termes égaux à V(X). Enfin, σ(Sn)=nV(X)=nσ(X).
Attention. L'écart type est multiplié par n, et non par n.
5.3 La moyenne
Propriété.E(Mn)=E(X), V(Mn)=nV(X) et σ(Mn)=nσ(X).
Justification.Mn=n1Sn. Avec a=n1 :
E(Mn)=n1×nE(X)=E(X)etV(Mn)=n21×nV(X)=nV(X).
Enfin, σ(Mn)=nV(X)=nσ(X).
La moyenne a la même espérance que X, mais sa dispersion diminue quand n augmente. Le facteur n1 est essentiel : pour diviser l'écart type par 2, il faut 4 fois plus de données ; pour le diviser par 10, il en faut 100 fois plus.
5.4 Un exemple
Exemple 6 (les notes d'un gîte). La note X laissée par un client d'un gîte suit la loi suivante.
x
2
3
4
5
P(X=x)
0,1
0,2
0,3
0,4
On trouve E(X)=4 et V(X)=0,1×22+0,2×12+0,3×02+0,4×12=1, donc σ(X)=1. Les notes de n clients pris au hasard forment un échantillon de cette loi.
n
E(Sn)
V(Sn)
σ(Sn)
E(Mn)
V(Mn)
σ(Mn)
25
100
25
5
4
0,04
0,2
100
400
100
10
4
0,01
0,1
Une note isolée s'écarte typiquement de 1 point de l'espérance, une moyenne de cent notes de 0,1 point. Le chapitre 16 précisera ce que cela implique pour les probabilités d'écart.
5.5 Un peu d'histoire
Au début du XIXe siècle, la modélisation des erreurs de mesure devient centrale. Après Legendre (1805), Gauss (1809, 1821) imagine une méthode des moindres carrés, qu'il applique avec succès à la prédiction de la position d'un astéroïde. Il propose de comprendre l'écart type comme une « erreur moyenne à craindre ».
Leçon 6 : Décomposer une variable en somme de variables simples
ÉcrireX=X1+X2+⋯+Xn, avec des variables simples, souvent des variables qui valent 1 ou 0.
Espérance : calculer les E(Xi) et les additionner. La linéarité marche toujours, même si les Xi ne sont pas indépendantes.
Variance : additionner les V(Xi)seulement si les Xi sont indépendantes.
Une variable qui vaut 1 ou 0 suit une loi de Bernoulli : si P(Xi=1)=pi, alors E(Xi)=pi et V(Xi)=pi(1−pi).
6.2 Des probabilités différentes
Exemple 7 (trois candidatures). Lou envoie trois candidatures pour un travail d'été, à des employeurs différents. Elle obtient une réponse positive avec les probabilités 0,3, 0,5 et 0,6, indépendamment. Soit X le nombre de réponses positives. Les probabilités diffèrent : X ne suit pas une loi binomiale.
On écrit X=X1+X2+X3, où Xi=1 si la candidature numéro i aboutit. Alors :
E(X)=0,3+0,5+0,6=1,4 ;
les Xi sont indépendantes, donc V(X)=0,3×0,7+0,5×0,5+0,6×0,4=0,21+0,25+0,24=0,7.
On le vérifie avec la loi de X : P(X=0)=0,14, P(X=1)=0,41, P(X=2)=0,36 et P(X=3)=0,09.
6.3 Une variable dont la loi est difficile
Exemple 8 (un échange de cadeaux). Pour un échange de cadeaux à Noël, n amis écrivent leur nom sur un papier, et chacun en tire un au hasard, sans remise. Soit X le nombre d'amis qui tirent leur propre nom. La loi de X est difficile à obtenir pour n quelconque.
On écrit X=X1+⋯+Xn, où Xi=1 si l'ami numéro i tire son propre nom. Chaque ami a la même chance de tirer chacun des n noms : E(Xi)=P(Xi=1)=n1. Par linéarité,
E(X)=n×n1=1.
Quel que soit le nombre d'amis, on attend une seule personne qui tire son propre nom.
Vérification pour n=4. Il y a 4!=24 tirages possibles. En les énumérant, on obtient :
k
0
1
2
4
P(X=k)
249
248
246
241
On trouve bien E(X)=240+8+12+4=1.
Attention à la variance. Les Xi ne sont pas indépendantes : avec deux amis, si l'un tire son nom, l'autre aussi. Pour n=4, le calcul direct donne V(X)=1, alors que la somme des variances vaut 4×41×43=0,75.
6.4 Un tirage sans remise
Exemple 9 (des jetons). Un sac contient 10 jetons, dont 3 rouges. On en tire 4 au hasard, sans remise. Soit X le nombre de jetons rouges obtenus. Ce n'est pas une loi binomiale, car les tirages ne sont pas indépendants.
On écrit X=X1+X2+X3+X4, où Xi=1 si le jeton tiré au rang i est rouge. Par symétrie, le jeton tiré au rang i peut être chacun des 10 jetons, avec la même probabilité : E(Xi)=103. Par linéarité,
E(X)=4×103=1,2.
6.5 Un score
Exemple 10 (points négatifs). Un questionnaire compte 20 questions à quatre réponses. Une bonne réponse rapporte 3 points, une mauvaise en retire 1. Un candidat répond au hasard à toutes les questions. Le nombre X de bonnes réponses suit la loi B(20;0,25), et son score est
Y=3X−(20−X)=4X−20.
Comme E(X)=5 et V(X)=3,75, on obtient E(Y)=4×5−20=0 et V(Y)=42×3,75=60. Répondre au hasard ne rapporte rien en moyenne, mais le score reste très dispersé : σ(Y)=60≈7,75.
Ce qu'il faut retenir du chapitre
Linéarité : E(X+Y)=E(X)+E(Y) et E(aX)=aE(X), pour toutes variables, indépendantes ou non. On calcule ainsi une espérance sans connaître la loi de la somme.
Variables indépendantes : dans une succession d'épreuves indépendantes, des variables liées à des épreuves différentes sont indépendantes. Cette indépendance fait partie du modèle.
Additivité (admise) : si X et Y sont indépendantes, V(X+Y)=V(X)+V(Y) et V(X−Y)=V(X)+V(Y). Sans indépendance, c'est faux en général. Les écarts types ne s'additionnent pas.
Loi binomiale : le nombre de succès est une somme de n variables de Bernoulli indépendantes, donc E(X)=np, V(X)=np(1−p), σ(X)=np(1−p).
Échantillon : n variables indépendantes de même loi. E(Sn)=nE(X), V(Sn)=nV(X), σ(Sn)=nσ(X) ; E(Mn)=E(X), V(Mn)=nV(X), σ(Mn)=nσ(X).
Méthode : pour étudier une variable compliquée, on l'écrit comme une somme de variables simples, souvent des variables qui valent 1 ou 0.
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