Au chapitre 3, les vecteurs de l'espace ont servi à parler d'alignement, de parallélisme et de coplanarité. Il manquait les longueurs, les angles et l'angle droit. C'est le rôle du produit scalaire, que tu connais dans le plan depuis la Première : il passe dans l'espace avec les mêmes règles de calcul. Il permet de démontrer des orthogonalités, de calculer des angles et des distances, puis des aires et des volumes. Les représentations paramétriques de droites et les équations de plans viennent au chapitre 10.
La figure de référence. Comme au chapitre 3, ABCDEFGH désigne un cube : ABCD est la face du bas, et E, F, G, H sont au-dessus de A, B, C, D. Sauf mention contraire, son arête vaut 1. Ses faces sont des carrés : deux arêtes issues d'un même sommet sont perpendiculaires.
Pour deux vecteurs u et v du plan, le produit scalaire u⋅v se calcule :
avec un angle : si u et v sont non nuls, u⋅v=∥u∥×∥v∥×cosθ, où θ est l'angle géométrique entre les deux vecteurs ;
avec une projection : AB⋅AC=AB⋅AH, où H est le projeté orthogonal de C sur la droite (AB). Si AH a le même sens que AB, c'est AB×AH ; sinon, c'est −AB×AH ;
avec les normes : u⋅v=21(∥u+v∥2−∥u∥2−∥v∥2).
1.2 Définition dans l'espace
Soit u et v deux vecteurs de l'espace. On choisit un point A, puis les points B et C tels que AB=u et AC=v. Les trois points A, B, C sont toujours dans un même plan (au moins un).
Définition. Le produit scalaire de u et v, noté u⋅v, est le produit scalaire AB⋅AC calculé dans un plan qui contient A, B et C. Le résultat ne dépend ni du point A ni du plan choisi (admis).
Ainsi, toutes les formules de Première restent vraies dans l'espace : formule avec le cosinus, formule avec la projection, formule avec les normes. En particulier, u⋅u=∥u∥2, et si l'un des deux vecteurs est nul, u⋅v=0.
Exemple 1. Dans le cube, calculer AB⋅AC.
Les points A, B, C sont dans la face ABCD, qui est un carré. Le projeté orthogonal de C sur la droite (AB) est B. Donc AB⋅AC=AB⋅AB=AB2=1.
1.3 Propriétés de calcul
Propriétés (admises). Pour tous vecteurs u, v, w de l'espace et tout réel k :
symétrie : u⋅v=v⋅u ;
bilinéarité : u⋅(v+w)=u⋅v+u⋅w et (ku)⋅v=k(u⋅v) ;
carré scalaire : u⋅u=∥u∥2.
La bilinéarité permet de développer comme un produit de nombres. La leçon 2 montre que ces propriétés se lisent aussi sur les coordonnées.
Exemple 2. Dans le cube, calculer AB⋅AG.
Par la relation de Chasles, AG=AB+BC+CG. On développe :
AB⋅AG=AB2+AB⋅BC+AB⋅CG.
La face ABCD est un carré, donc AB⋅BC=0. De plus CG=BF, et AB⋅BF=0 car la face ABFE est un carré. Donc AB⋅AG=1.
Exemple 3. Soit u et v tels que ∥u∥=3, ∥v∥=2 et u⋅v=−1. Calculer (2u+v)⋅(u−3v).
On développe : 2u⋅u−6u⋅v+v⋅u−3v⋅v=2×9−6×(−1)+(−1)−3×4=18+6−1−12=11.
1.4 Orthogonalité de deux vecteurs
Définition. Deux vecteurs non nuls u=AB et v=AC sont orthogonaux si les droites (AB) et (AC) sont perpendiculaires. Par convention, le vecteur nul est orthogonal à tout vecteur. On note u⊥v.
Caractérisation.u et v sont orthogonaux si et seulement si u⋅v=0.
Pourquoi ? Dans un plan qui contient A, B et C, c'est la caractérisation vue en Première.
Exemple 4. Dans le cube, montrer que BD et AE sont orthogonaux.
BD=BA+AD, donc BD⋅AE=BA⋅AE+AD⋅AE=0+0=0, car les faces ABFE et ADHE sont des carrés. Les vecteurs sont orthogonaux, alors que les droites (BD) et (AE) ne se coupent pas : dans l'espace, l'orthogonalité ne demande pas que les droites soient sécantes.
Exemple 5 (tétraèdre régulier).ABCD est un tétraèdre régulier d'arête a : ses six arêtes mesurent a, et ses quatre faces sont des triangles équilatéraux.
AB⋅AC=a×a×cos60°=2a2. De même, AB⋅AD=2a2.
CD=AD−AC, donc AB⋅CD=AB⋅AD−AB⋅AC=2a2−2a2=0.
Les arêtes opposées [AB] et [CD] sont orthogonales.
1.5 Un peu d'histoire
Le programme rappelle qu'en 1839, dans sa théorie des forces et des marées, Grassmann propose des règles de calcul sur les vecteurs de l'espace, dont un « produit linéaire » qui utilise la projection orthogonale : il deviendra notre produit scalaire. Au XIXᵉ siècle, cette notion se construit en même temps que celle de travail d'une force en physique.
Leçon 2 : Base orthonormée, repère orthonormé, coordonnées
Définition. Une base (,,k) de l'espace est orthonormée si ses vecteurs sont orthogonaux deux à deux et de norme 1 :
⋅=⋅k=⋅k=0et∥∥=∥∥=∥k∥=1.
Si O est un point, (O;,,k) est alors un repère orthonormé.
Dans le cube d'arête 1, le repère (A;AB,AD,AE) est orthonormé. On y lit B(1;0;0), C(1;1;0), D(0;1;0), E(0;0;1), F(1;0;1), G(1;1;1), H(0;1;1).
2.2 Produit scalaire et norme en coordonnées
Propriété. Dans une base orthonormée, si u(x;y;z) et v(x′;y′;z′), alors
u⋅v=xx′+yy′+zz′et∥u∥=x2+y2+z2.
Démonstration.u=x+y+zk et v=x′+y′+z′k. On développe u⋅v par bilinéarité : on obtient neuf termes. Les six termes croisés contiennent ⋅, ⋅k ou ⋅k, qui sont nuls ; les trois autres contiennent ⋅=⋅=k⋅k=1. Il reste xx′+yy′+zz′. Avec v=u, on obtient ∥u∥2=x2+y2+z2.
On retrouve le théorème de Pythagore appliqué deux fois dans un pavé : si M(x;y;z) et P(x;y;0), alors OP2=x2+y2, puis OM2=OP2+PM2=x2+y2+z2.
2.3 Distance entre deux points
Propriété. Dans un repère orthonormé, la distance entre A(xA;yA;zA) et B(xB;yB;zB) est
AB=∥AB∥=(xB−xA)2+(yB−yA)2+(zB−zA)2.
Exemple 6. Dans un repère orthonormé, u(2;−1;3) et v(1;5;1).
u⋅v=2×1+(−1)×5+3×1=2−5+3=0 : les vecteurs sont orthogonaux.
∥u∥=4+1+9=14 et ∥v∥=1+25+1=27=33.
Exemple 7.A(1;2;−1) et B(3;−1;5). Alors AB(2;−3;6) et AB=4+9+36=49=7. Le milieu de [AB] a pour coordonnées (2;21;2).
Exemple 8. Dans le cube, AG(1;1;1) donne AG=3 : c'est la longueur d'une grande diagonale. Et BH(−1;1;1) donne AG⋅BH=−1+1+1=1.
2.4 Attention : base orthonormée obligatoire
Ces formules sont fausses dans une base qui n'est pas orthonormée. Dans le cube, (AB,AC,AE) est une base (chapitre 3), dans laquelle AC a pour coordonnées (0;1;0). La formule donnerait une norme égale à 1, alors que AC=2. La base n'est pas orthonormée : AB⋅AC=1=0.
Propriété. Pour tous vecteurs u et v :
∥u+v∥2=∥u∥2+2u⋅v+∥v∥2,∥u−v∥2=∥u∥2−2u⋅v+∥v∥2,(u+v)⋅(u−v)=∥u∥2−∥v∥2.
Démonstration.∥u+v∥2=(u+v)⋅(u+v)=u⋅u+u⋅v+v⋅u+v⋅v par bilinéarité, et u⋅v=v⋅u par symétrie. Les deux autres égalités se démontrent de la même façon : ce sont les identités remarquables.
3.2 Formules de polarisation
En isolant u⋅v dans les égalités précédentes :
u⋅v=21(∥u+v∥2−∥u∥2−∥v∥2)=21(∥u∥2+∥v∥2−∥u−v∥2)=41(∥u+v∥2−∥u−v∥2).
Ces formules de polarisation donnent un produit scalaire à partir de longueurs seulement.
Avec u=AB et v=AC, on a u−v=CB, d'où
AB⋅AC=21(AB2+AC2−BC2).
C'est une autre écriture de la formule d'Al-Kashi de Première : BC2=AB2+AC2−2AB×AC×cosBAC.
Exemple 9. Dans le cube, AB=1, AG=3 et BG=2 (diagonale de la face BCGF). Donc AB⋅AG=21(1+3−2)=1 : on retrouve l'exemple 2 avec des longueurs seulement.
Exemple 10.∥u∥=2, ∥v∥=3 et ∥u+v∥=4. Alors u⋅v=21(16−4−9)=23, puis ∥u−v∥2=4−2×23+9=10, donc ∥u−v∥=10.
3.3 Calculer un angle
Méthode. Si u et v sont non nuls, l'angle géométrique θ entre eux (entre 0° et 180°) vérifie
cosθ=∥u∥×∥v∥u⋅v.
On calcule le produit scalaire et les normes, souvent avec des coordonnées dans un repère orthonormé, puis on trouve θ à la calculatrice.
Exemple 11. Dans le cube, l'angle CAF : AC(1;1;0) et AF(1;0;1), donc AC⋅AF=1 et AC=AF=2. Alors cosCAF=2×21=21 et CAF=60°. C'est logique : le triangle ACF a pour côtés trois diagonales de faces, il est équilatéral.
Exemple 12. L'angle entre les vecteurs AG et BH (deux grandes diagonales) : cosθ=3×31=31, donc θ≈70,5°.
Exemple 13.A(1;0;2), B(3;2;1) et C(−2;0;5). Alors AB(2;2;−1), AC(−3;0;3), AB⋅AC=−6+0−3=−9, AB=3 et AC=18=32. Donc cosBAC=92−9=−22 et BAC=135° : l'angle est obtus, car le produit scalaire est négatif.
Leçon 4 : Orthogonalité de deux droites, d'une droite et d'un plan
Définition. Deux droites d et d′, de vecteurs directeurs u et u′, sont orthogonales si u⋅u′=0. Cela revient à dire que leurs parallèles menées par un même point sont perpendiculaires.
Deux droites perpendiculaires sont deux droites orthogonales et sécantes (elles sont alors coplanaires).
Exemple 14. Dans le cube :
(AB) et (BF) sont perpendiculaires : elles se coupent en B, et la face ABFE est un carré ;
(AB) et (CG) sont orthogonales, car AB⋅CG=AB⋅BF=0, mais elles ne se coupent pas (elles ne sont même pas coplanaires) : elles ne sont pas perpendiculaires ;
piège : (AB) et (AD) sont toutes les deux orthogonales à (AE), mais elles ne sont pas parallèles. Dans l'espace, deux droites orthogonales à une même droite ne sont pas forcément parallèles.
4.2 Droite orthogonale à un plan
Définition. Une droite d est orthogonale à un plan P si elle est orthogonale à toutes les droites de P.
Théorème. Une droite est orthogonale à un plan si et seulement si elle est orthogonale à deux droites sécantes de ce plan.
Démonstration. Si d est orthogonale au plan, elle est orthogonale en particulier à deux droites sécantes de ce plan. Réciproquement, soit w un vecteur directeur de d, et u, v des vecteurs directeurs de deux droites sécantes du plan : ils ne sont pas colinéaires, et tout vecteur de la direction du plan s'écrit au+bv (chapitre 3). Par bilinéarité,
w⋅(au+bv)=aw⋅u+bw⋅v=a×0+b×0=0.
Donc w est orthogonal à tout vecteur directeur d'une droite du plan.
Conséquence. Si une droite est orthogonale à un plan, elle est orthogonale à toutes les droites de ce plan, même à celles qui ne la coupent pas.
Exemple 15. Dans le cube, (AE) est orthogonale à (AB) et à (AD), deux droites sécantes du plan (ABC). Donc (AE) est orthogonale au plan (ABC), et par conséquent à (BD) et à (AC).
Exemple 16. Dans le repère (A;AB,AD,AE) : AG(1;1;1), BD(−1;1;0) et BE(−1;0;1). On calcule AG⋅BD=−1+1+0=0 et AG⋅BE=−1+0+1=0. Les droites (BD) et (BE) sont sécantes en B : la diagonale (AG) est orthogonale au plan (BDE). Elle est donc aussi orthogonale à (DE).
Exemple 17 (tétraèdre régulier, sans coordonnées).ABCD est un tétraèdre régulier et I le milieu de [CD]. Le triangle ACD est équilatéral, donc sa médiane (AI) est aussi une hauteur : (AI)⊥(CD). De même, (BI)⊥(CD). La droite (CD) est orthogonale aux droites sécantes (AI) et (BI) du plan (ABI) : elle est orthogonale à ce plan, donc à la droite (AB). On retrouve le résultat de l'exemple 5 : deux arêtes opposées sont orthogonales.
Leçon 5 : Vecteur normal à un plan, plan médiateur
Définition. Un vecteur nnon nul est normal à un plan P si sa direction est orthogonale à P, c'est-à-dire si n est orthogonal à tous les vecteurs de la direction de P.
D'après le théorème de la leçon 4, il suffit que n soit orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan. Tous les vecteurs normaux à un même plan sont colinéaires (admis).
Exemple 18. Dans le cube :
AE est normal au plan (ABC) (exemple 15) ;
AG est normal au plan (BDE) (exemple 16) ;
BH(−1;1;1) est normal au plan (ACF) : BH⋅AC=−1+1+0=0 et BH⋅AF=−1+0+1=0, avec AC et AF non colinéaires.
5.2 Plan passant par un point et normal à un vecteur
Propriété. Soit A un point et n un vecteur non nul. L'ensemble des points M tels que
AM⋅n=0
est le plan P passant par A et normal à n.
Pourquoi ? Soit u, v deux vecteurs non colinéaires de la direction de P.
Si M∈P, le vecteur AM est dans la direction de P, donc orthogonal à n.
Réciproquement, n n'est pas une combinaison de u et v : sinon, n=au+bv donnerait n⋅n=an⋅u+bn⋅v=0, ce qui est impossible car n=0. Donc (u,v,n) est une base de l'espace (chapitre 3), et AM=au+bv+cn. Si AM⋅n=0, on obtient c∥n∥2=0, donc c=0 : AM=au+bv, et M∈P.
Méthode (tester si un point est dans le plan). On calcule AM⋅n : le point M est dans P si et seulement si ce nombre est nul. Au chapitre 10, cette condition, écrite avec les coordonnées de M, donnera l'équation cartésienne du plan.
Exemple 19. Le plan P passe par A(1;0;2) et il est normal à n(2;−1;3).
M(3;1;1) : AM(2;1;−1) et AM⋅n=4−1−3=0, donc M∈P.
N(0;2;3) : AN(−1;2;1) et AN⋅n=−2−2+3=−1=0, donc N∈/P.
5.3 Conséquences
Soit P un plan de vecteur normal n, et d une droite de vecteur directeur w.
d est orthogonale à P si et seulement si w et n sont colinéaires.
d est parallèle à P (strictement, ou contenue dans P) si et seulement si w⋅n=0, c'est-à-dire si w est dans la direction de P.
Deux plans sont parallèles si et seulement si leurs vecteurs normaux sont colinéaires.
5.4 Plan médiateur d'un segment
Définition. Soit A et B deux points distincts. Le plan médiateur du segment [AB] est l'ensemble des points M de l'espace tels que MA=MB.
Propriété. Le plan médiateur de [AB] est le plan qui passe par le milieu I de [AB] et qui est normal au vecteur AB.
Démonstration. Pour tout point M, d'après la leçon 3,
MA2−MB2=(MA+MB)⋅(MA−MB).
Or MA+MB=2MI (I est le milieu de [AB]) et MA−MB=MA+BM=BA. Donc MA2−MB2=2MI⋅BA=2IM⋅AB. Comme MA et MB sont positifs, MA=MB⟺MA2=MB2⟺IM⋅AB=0 : c'est la propriété 5.2 avec le point I et le vecteur AB.
C'est un exemple de lieu géométrique : l'ensemble des points qui vérifient une condition est un plan.
Exemple 20. Dans le cube, AB=AD=1, CB=CD=1 et EB=ED=2 : les points A, C et E sont dans le plan médiateur de [BD]. Ils ne sont pas alignés, donc ce plan médiateur est le plan (ACE) (qui contient aussi G). En particulier, BD est normal au plan (ACE), et (BD) est orthogonale à (AG) et à (CE).
Exemple 21.A(1;2;−1) et B(3;0;3). Le milieu de [AB] est I(2;1;1) et AB(2;−2;4). Pour M(3;2;1) : IM(1;1;0) et IM⋅AB=2−2+0=0, donc M est dans le plan médiateur. Vérification : MA2=4+0+4=8 et MB2=0+4+4=8.
Leçon 6 : Projeté orthogonal, distance d'un point à une droite ou à un plan
Le projeté orthogonal de M sur une droite d est le point H de d tel que la droite (MH) soit perpendiculaire à d (si M∈d, H=M).
Le projeté orthogonal de M sur un plan P est le point H de P tel que la droite (MH) soit orthogonale à P (si M∈P, H=M).
Dans les deux cas, ce point existe et il est unique (admis).
6.2 Le point le plus proche (démonstration du programme)
Théorème. Le projeté orthogonal H d'un point M sur un plan P est le point de P le plus proche de M.
Démonstration. Soit N un point quelconque de P. On a MN=MH+HN, donc
MN2=∥MH+HN∥2=MH2+2MH⋅HN+HN2.
Le vecteur HN est dans la direction de P (les points H et N sont dans P), et MH est orthogonal à P : donc MH⋅HN=0. Il reste
MN2=MH2+HN2≥MH2,
avec égalité si et seulement si HN=0, c'est-à-dire N=H. Comme les longueurs sont positives, MN≥MH pour tout N de P, avec égalité seulement pour N=H. C'est le théorème de Pythagore dans le triangle MHN, rectangle en H.
Le même raisonnement montre que le projeté orthogonal de M sur une droite d est le point de d le plus proche de M.
Définitions. La distance de M au plan P est la longueur MH, où H est le projeté orthogonal de M sur P. De même, la distance de M à la droite d est MH, où H est le projeté orthogonal de M sur d.
6.3 Trouver le projeté sur une droite
Méthode. Soit d la droite passant par A et dirigée par u, et M un point. Le projeté H est sur d, donc AH=tu pour un réel t. Comme AM=AH+HM et HM⋅u=0 :
AM⋅u=t∥u∥2donct=∥u∥2AM⋅u.
On retrouve la propriété de projection de Première : AM⋅u=AH⋅u.
Exemple 22. Dans le cube, la distance du point B à la droite (AG). Ici u=AG(1;1;1) et AB(1;0;0), donc t=AG2AB⋅AG=31. Le projeté de B est le point K tel que AK=31AG, c'est-à-dire K(31;31;31). Alors BK(−32;31;31), BK2=94+91+91=32, et la distance de B à (AG) vaut BK=32=36≈0,82.
Exemple 23. Dans le cube, la distance du point A au plan (BDE). Au chapitre 3, on a montré que le point K de l'exemple 22 est dans le plan (BDE). D'après l'exemple 16, (AG) est orthogonale à (BDE), et K est sur (AG). Donc K est le projeté orthogonal de A sur (BDE), et
d(A,(BDE))=AK=31AG=33≈0,58.
Exemple 24. La droite d passe par A(1;0;2) et elle est dirigée par u(2;1;−2). Soit M(4;3;2). Alors AM(3;3;0), AM⋅u=6+3+0=9 et ∥u∥2=9, donc t=1 et H=A+u, soit H(3;1;0). Vérification : MH(−1;−2;−2) et MH⋅u=−2−2+4=0. La distance de M à d est MH=1+4+4=3.
Pour un plan, le projeté se trouve dans ce chapitre sur des figures où l'on peut deviner le point H puis le vérifier : H est dans le plan, et MH est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan. Le calcul systématique des coordonnées du projeté sur un plan donné par une équation est au chapitre 10.
Leçon 7 : Problèmes de longueurs, d'angles, d'aires et de volumes
Longueur : AB=(xB−xA)2+(yB−yA)2+(zB−zA)2 dans un repère orthonormé.
Angle : cosBAC=AB×ACAB⋅AC.
Aire d'un triangle : 21×base×hauteur. La hauteur issue de C est CH, où H est le projeté orthogonal de C sur la droite (AB). On peut aussi utiliser 21×AB×AC×sinBAC.
Volume d'un tétraèdre (d'une pyramide) : V=31×B×h, où B est l'aire d'une base et h la hauteur correspondante, c'est-à-dire la distance du sommet opposé au plan de la base.
Méthode (distance d'un point à un plan par les volumes). On calcule le volume d'un tétraèdre avec une base « facile », puis on écrit le même volume avec la base contenue dans le plan cherché : V=31×B′×d, donc d=B′3V. On obtient la distance sans chercher le projeté.
Exemple 25. Dans un repère orthonormé, O est l'origine, A(4;0;0), B(0;4;0) et C(0;0;2). Le tétraèdre OABC a trois faces rectangles en O.
Angle.CA(4;0;−2) et CB(0;4;−2), donc CA⋅CB=0+0+4=4 et CA=CB=20. Alors cosACB=204=51 et ACB≈78,5°.
Aire. Le triangle ABC est isocèle en C. Soit H le milieu de [AB] : H(2;2;0), CH(2;2;−2) et AB(−4;4;0), d'où CH⋅AB=−8+8+0=0. Donc H est le projeté orthogonal de C sur (AB), et [CH] est une hauteur. Avec CH=12=23 et AB=32=42, l'aire vaut 21×42×23=46≈9,8.
Volume. La base OAB est un triangle rectangle en O, d'aire 21×4×4=8. La droite (OC) est orthogonale à (OA) et à (OB), donc au plan (OAB) : la hauteur est OC=2. Donc V=31×8×2=316.
Distance de O au plan (ABC). Si H′ est le projeté orthogonal de O sur (ABC), alors V=31×AABC×OH′, donc OH′=AABC3V=4616=326≈1,63.
Exemple 26. Dans le cube, le tétraèdre ABDE a pour base le triangle ABD, rectangle en A, d'aire 21, et pour hauteur AE=1 : son volume vaut 31×21×1=61. Le triangle BDE est équilatéral de côté 2 ; son aire vaut 43×(2)2=23. Donc
d(A,(BDE))=233×61=31=33,
le même résultat que dans l'exemple 23, obtenu cette fois sans chercher le projeté.
Ce qu'il faut retenir du chapitre
Le produit scalaire de deux vecteurs de l'espace se calcule dans un plan qui les contient : les formules de Première restent vraies. Il est symétrique et bilinéaire, et u⋅u=∥u∥2.
u⊥v⟺u⋅v=0. Deux droites orthogonales ne se coupent pas forcément ; perpendiculaires = orthogonales et sécantes.
Dans une base orthonormée : u⋅v=xx′+yy′+zz′, ∥u∥=x2+y2+z2, et AB=∥AB∥. Ces formules ne valent que dans une base orthonormée.
Une droite est orthogonale à un plan dès qu'elle est orthogonale à deux droites sécantes de ce plan ; elle est alors orthogonale à toutes les droites du plan.
Un vecteur normaln est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan. Le plan passant par A et normal à n est l'ensemble des points M tels que AM⋅n=0. Le plan médiateur de [AB] passe par le milieu de [AB] et il est normal à AB.
Le projeté orthogonalH de M sur un plan (ou une droite) est le point le plus proche de M (Pythagore) ; la distance est MH. Sur une droite passant par A dirigée par u : AH=tu avec t=∥u∥2AM⋅u.
Volume d'un tétraèdre : 31×B×h. Calculer le même volume de deux façons donne la distance d'un point à un plan.
Tu es hors connexion. Les chapitres téléchargés restent disponibles dans Hors connexion.